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Un extrait des comparaisons du tweet de Martin Landolt.
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Conversation

Le moment nazi et le point Godwin de Martin Landolt

Le président du PBD, Martin Landolt, craint que la Suisse de 2016 glisse dans les mêmes excès que l’Allemagne de 1933. Il le dit dans un tweet qui horrifie les partisans de l’initiative de mise en œuvre et laisse perplexe beaucoup d’observateurs

C’est la polémique qui ne cesse de grossir: le tweet du président du parti bourgeois démocratique, Martin Landolt. Le corpus delicti montre une croix suisse retouchée pour lui donner l’apparence d’une croix gammée avec ce texte: «Non à une justice à deux vitesses. 1933 Deutschland, 1948 Südafrika, 2016 Schweiz. 28 février non à l’initiative de mise en œuvre.». Un message sans équivoque qui a déclenché une avalanche de répliques extrêmement acerbes.


Parmi lesquelles toutes celles et ceux que la comparaison entre la Suisse de 2016 qui s’apprêterait à voter pour l’UDC et l’Allemagne nazie de 1933 scandalise. A l’image de ce twittos qui déclare, dans le texte et en allemand, traduction par nos soins: «Mon grand-père est mort à Dachau. Je suis Suisse. Votre image est un affront! Vous êtes juste un trou du cul».


Si ce tweet est hautement significatif, c’est parce que son esprit (mais, bien sûr, pas sa lettre) est à peu près identique à celui de Christine Bussat, la présidente de la Marche Blanche, qui a démissionné hier avec effet immédiat en raison du tweet de son président. A la RTS, qui a sorti l’information, Christine Bussat a expliqué que «c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase». Christine Bussat se dit «choquée» en tant que «petite-fille de juifs qui ont vécu pendant la Seconde Guerre mondiale et dont une partie était à Auschwitz».

Martin Landolt ne prétend pas que l’UDC est un parti nazi

Dans La Liberté, notre consœur Christiane Imsand précise que «Martin Landolt n’est pas l’auteur du montage controversé. Il n’a fait que relayer une affiche qui circulait depuis quelques jours sur les réseaux sociaux. Elle est l’œuvre d’un Anglo-Suisse, Werber Parvez Sheik Fareed, qui cherchait à exprimer son inquiétude pour le maintien de l’Etat de droit. Le texte qui l’accompagne place sur le même plan l’Allemagne de 1933, l’Afrique du Sud de 1948 et la Suisse de 2016.» Christiane Imsand donne la parole au président du PBD qui ne prétend pas «que l’UDC est un parti nazi ou que les gens qui voteraient l’initiative sont des nazis», mais qui juge que la pente est glissante.

Nombreux sont ceux, sur les réseaux, qui trouvent cette comparaison trop abrasive, voire même contre-productive. A l’image de ce commentateur suisse alémanique sur Facebook, Lahor Jakrlin qui constate: «Naturellement, il est relativement égal à Martin Landolt que l’on vote oui ou non à l’initiative de mise en œuvre et naturellement, il est suffisamment ignorant pour mesurer combien il blesse avec son image de croix gammée toutes les victimes des dictatures».

Le point Godwin

Et nombreux sont ceux qui pensent, à l’image du TagesAnzeiger, que le président du PBD a atteint, dans le débat sur l’initiative de l’UDC, le fameux point Godwin qui établit que «plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler se réalise.» «Connaissez-vous le point Godwin?» lance ainsi au président du parti bourgeois démocratique, le journaliste du TagesAnzeiger, histoire de chauffer l’ambiance.

On semble s’émouvoir beaucoup aujourd’hui du tweet de Martin Landolt. On notera cependant que la conversation sur ce point a été largement amorcée il y a de cela une semaine, lorsque, dans un long article paru dans le TagesAnzeiger, le journaliste Constantin Seibt signait un réquisitoire à la kalachnikov contre l’initiative de mise en œuvre.

Le moment nazi

Il y déclarait: «Certes, la Suisse de 2016 n’est pas l’Allemagne de 1933. Mais cependant, dans l’initiative de mise en œuvre gît à l’état embryonnaire l’idée du totalitarisme […] Et c’est pourquoi l’initiative du 28 février, pour la première fois dans notre vie, est le moment d’une décision: elle est le moment nazi. En cela même que nous devrons déterminer de quel côté nous nous trouvons: celui de l’Etat de droit ou celui de l’arbitraire». Le «moment nazi»: Martin Landolt ne dit pas autre chose.

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© Gabioud Simon (gam)