Revue de presse 

Quand le monde entier regarde le Forum de Davos (et s’amuse)

Le WEF, comme chaque année, attire sa foule de reporters de la presse internationale. Du coup, Davos-Platz se retrouve grand-place du monde, où les médias traquent ces petits détails qui mettent du piquant dans le global

Abondance de biens

Il y a d’abord la neige. Evidemment. Quelle chance que cet hiver exceptionnel! Des tonnes et des tonnes d’or blanc, qui ne manquent pas de fasciner la plupart des reporters de la presse internationale. Eux qui se mettent en quatre, depuis mercredi, pour se frayer un chemin original dans la déferlante médiatique qui s’est abattue, comme chaque année, sur le Forum économique de Davos. «Une abondance de neige», certes, mais aussi «d’optimisme» pour L’Alsace, qui ne craint ni «l’innovation disruptive» ni «les infrastructures résilientes»; ni «le gotha politique et économique» ni «les raisons de déboucher le champagne lors des multiples cocktails et réceptions». Qui a dit, déjà, que les médias de l’Hexagone avaient une légère tendance aux clichés quand ils s’emparent du thème de l’Helvétie tendant son miroir au monde?

La montagne magique

Mais on ne se lasse jamais de la presse française! Surtout lorsqu’elle joue sur le terrain encyclopédique. Le Figaro rappelle ainsi que Davos, «on peut s’y rendre en train, en voiture ou en hélicoptère», mais qu’«il est recommandé de se chausser de semelles en caoutchouc ou à crampons». Selon le quotidien, cette station serait «la seule en Suisse à ne pas avoir de chalets mais des immeubles à terrasses conçus pour les sanatoriums». Car telle est un peu, oui, la «montagne magique» (de Thomas Mann) choisie par Klaus Schwab, jeune professeur de management de 33 ans à l’Université de Genève, pour organiser à l’été 1971 le premier Forum européen du management. Cet Allemand, issu d’une famille d’industriels du Bade-Wurtemberg, sosie du réalisateur Erich von Stroheim, ne s’en est jamais caché: «Je voulais un endroit suffisamment reculé pour que les congressistes ne s’en échappent pas entre les sessions.»

Au Canada, on dit #moi aussi

Bon, de la part de la Belle Province, on reprend une louche de «centre de ski huppé des Alpes suisses». Mais ce qu’il faut retenir du toujours très médiatique premier gars d’Ottawa, Justin Trudeau, c’est ceci, selon Le Devoir de Montréal, outre le motif de ses chaussettes: la «portion féministe de son discours». Après s’être «réjoui au passage que le Canada et 10 autres pays eussent conclu leurs négociations sur une nouvelle mouture du Partenariat transpacifique», il s’est donc livré à un plaidoyer pour la présence des femmes sur le marché du travail» comme «moteur de croissance économique». Nous apprenant – au passage encore – que là-bas, on dit #moiaussi et non #metoo. Et qu’on kiffe le subjonctif plus-que-parfait.

L’axe Modi-Trump

«L’honneur était cette année à Narendra Modi. Après le président chinois Xi Jinping en 2017, il revenait cette fois au premier ministre indien d’ouvrir officiellement» les feux, dit le site de Courrier International. Il a ainsi tenu «des propos très forts» pour défendre la mondialisation et fustiger «le protectionnisme» qui relève la tête, observe le journal financier Business Standard. Il paraît que cela aurait «été perçu comme une allusion au président américain Donald Trump», cet homme si «adulte» – lire à ce propos le site TheNewsMinute.com. Mais au moins, il avait l’avantage de parler avant lui, car il semblerait que le locataire de la Maison-Blanche ne représente pas exactement la tasse de thé qu’on déguste à New Delhi. Ni le «WEF Kaffee Crème», dont la Neue Zürcher Zeitung précise qu’il coûte 7 francs… la tasse.

Un forum narcissique

Repérée par le site Eurotopics, une des contributions du Corriere della sera prétend que «pour la quasi-totalité» des participants, «il sera difficile de faire la part des choses entre narcissisme personnel et amour (légitime) de la nation». On voit bien ce que cela peut signifier pour le président de l'«America First». Mais alors, quelle main tendue aux «chefs de gouvernement d’Italie, de France et d’Allemagne» pour qu’ils convainquent et se fassent «applaudir pour leur engagement en faveur de l’ouverture des marchés mondiaux»! Cela dit, «sans les importations de l’Amérique «protectionniste» de Trump, la zone euro est menacée de nouvelle récession». Et qui «ne le dira probablement pas à Davos»? Madame Merkel, nananère.

France is back

«Le président des riches au chevet des 1%. D’emblée, la folle semaine d’Emmanuel Macron, entamée lundi à Versailles» et qui se poursuit à Davos «a été accueillie par des commentaires grinçants à gauche», a pu remarquer le HuffingtonPost.fr. «Enjambant le risque de s’enfermer dans une caricature bien installée dans l’opinion, l’ancien banquier d’affaires devenu président de la République entend marteler ses slogans «France is back» et désormais «Choose France». Objectif? «Soigner l’effet Macron constaté par les observateurs économiques pour vendre la marque France. Le chef de l’Etat entend en effet capitaliser sur l’amélioration de l’image du pays, notamment auprès des investisseurs américains. Bonne chance, Manu. (Lire ci-dessus.)

L’Oiseau bleu piaille

Enfin, de nos jours, que serait un WEF sans Twitter? La preuve par ces petits cris qu’on a bien aimés:

Publicité