Un Brexit tumultueux marque déjà l’année 2019. Mais qu’est-ce que cela signifie pour le destin du régionalisme dans le monde en général? Il y a dix ans, l’idée de l’intégration régionale était une source d’optimisme: le régionalisme représentait la nouvelle formule pour une structure stable de la société internationale, après la fin du monde bipolaire. On espérait que les organisations régionales économiques et sécuritaires allaient former les blocs d’un édifice mondial aussi paisible que prospère.

Maintenant, le régionalisme est en perte de vitesse. En Europe, cette tendance a commencé par la crise de 2008 et la volte-face de l’Islande qui a abandonné sa demande d’adhésion à l’Union européenne en 2013. Les deux grands pays anglo-saxons, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, ont tourné le dos au régionalisme: le Royaume-Uni en plébiscitant sa sortie de l’Union européenne et les Etats-Unis de Donald Trump en quittant le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) et en secouant profondément l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena). L’absence de soutien de ces deux pays qui portent le flambeau du libéralisme occidental est un coup dur pour le régionalisme.