Chronique

Monsieur le Président…

OPINION. Emmanuel Macron a peu de choses en commun avec son prédécesseur, sinon les petites phrases dont il aime émailler ses interventions. François Hollande les voulait drôles, lui ne les connaît que maladroites. Sa sortie récente sur «la Suisse qui ne va pas si bien» en témoigne, commente notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

Monsieur le Président, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps… Il est vrai que vous êtes très occupé par vos charges et que la France vous donne actuellement plus de fil à retordre que vous ne l’aviez imaginé en accédant à l’Elysée. Vous aviez sans doute cru que le plus dur était fait lorsque, le soir de votre élection, vous avez parcouru dignement la cour du Louvres, au son de l’Hymne à la joie. Mais c’était le plus facile au contraire et des joies, depuis, vous n’en avez guère connu.

Comme votre prédécesseur, vous êtes friand de petites phrases à l’emporte-pièce mais, au lieu de vous rendre sympathique, elles vous desservent au contraire. Vous avez récemment interpellé les élus avec un «Non, non, les enfants, ça marche pas comme ça…» puis comparé les «gilets jaunes» à des «jojos», ce qui signifie «enfant insupportable» selon Larousse. Votre ton reste donc résolument paternaliste alors même que votre peuple ne supporte plus votre condescendance.