«Que la montagne est belle!» ont pensé les chanceux qui, comme nous, étaient à Grindelwald, dimanche dernier. De l’Eiger au Wetterhorn, les sommets surplombant le village de l’Oberland bernois se détachaient dans le ciel bleu roi. Et la neige, immaculée, ajoutait encore au spectacle de la journée.

«Que la montagne est menaçante!» ont frissonné les vacanciers arrivés le lendemain. C’est que, lundi, le ciel a viré au blanc mat et les parois minérales, noires et tranchantes, se sont transformées en remparts glaçants. Les contrées de montagne font ça. En metteuses en scène impériales, elles dictent l’humeur de leurs visiteurs. La plateforme Planète Santé va même plus loin: «Un nombre croissant d’études montre que vivre en altitude est associé à un risque accru de dépression, d’anxiété et de passage à l’acte suicidaire.»