Montcornet, 17 mai 1940. En ces temps d’interminables débats sur l’avenir de la France bousculée par l’épidémie de Covid-19, le lieu dit à la fois la force de la volonté, les changements survenus en près d’un siècle et les conditions requises pour redresser la barre d’un navire national naufragé.

L’affaire, en ce jour du printemps de la débâcle, est entendue en quelques heures. Le colonel Charles de Gaulle, commandant la quatrième division cuirassée française, a choisi d’engager le combat contre les tanks nazis de Guderian. Cinq mille soldats français ont été rassemblés, de la Normandie aux Vosges, appelés à la rescousse pour empêcher que la trouée des Ardennes ne se solde par un déferlement éclair en direction de Paris. Le 4e cuirassé a, pour fer de lance, 85 chars R35 de Renault, rivaux mécaniques des Panzers I et II de la Wehrmacht. Leur armement et leur blindage sont capables d’encaisser le choc. Reste la faille, béante: l’absence de radios à bord pour se coordonner. Bilan? Une défaite et 25 chars français détruits, contre aucune perte matérielle allemande…