Scanner

Des MOOCs avec l’Afrique

Les MOOCs, ces fameux cours ouverts en ligne massifs (en français, FLOT, pour «formation en ligne ouverte à tous»), sont en train de trouver leur place dans la formation des étudiants de nos universités. Ils constituent les nouveaux livres de référence interactifs et, pour une grande partie des étudiants, une nouvelle façon d’acquérir un savoir. Les MOOCs offrent également des possibilités en matière de formation continue, qui va devenir un enjeu important pour les univer­sités. Mais, s’il y a un secteur où ce nouveau type de formation aura un effet majeur, c’est dans les pays en voie de développement et en premier lieu en Afrique.

Les technologies de l’information sont en train de transformer l’Afrique en lui permettant de faire un bond technologique. La pénétration de la téléphonie mobile augmente rapidement, permettant à la jeune génération d’Africains d’accéder au savoir de façon quasi synchrone avec le reste du monde. Pour la première fois, les MOOCs offrent la possibilité à de nombreux Africains de suivre des cours des meilleures universités mondiales, et ceci de façon gratuite. Certes, les limitations de la bande passante rendent leur accès parfois encore compliqué, mais la débrouillardise africaine permet bien souvent de trouver des solutions ad hoc. Les cybercafés des villes africaines deviennent des lieux d’apprentissage. Les forums des MOOCs stimulent également un échange fructueux entre étudiants, peu importe leur localisation, ceci grâce au très grand nombre d’apprenants inscrits simultanément à un cours.

Les premières expériences montrent que la langue d’enseignement est importante et que le français est un atout indéniable si l’on veut toucher l’Afrique de l’Ouest. L’implication des professeurs locaux est un facteur déterminant qui contribue à l’intégration des MOOCs sur le continent africain. Des cours adaptés aux problèmes locaux tels que l’urbanisation, les transports, l’énergie, le traitement de l’eau, la santé ou l’entreprenariat devront être rapidement développés avec la participation active des enseignants africains. Il existe également un besoin d’adaptation du cadre légal pour prendre en compte les MOOCs dans les programmes de formation, car les étudiants demandent que les cours suivis puissent être certifiés.

La révolution digitale est en passe d’offrir au continent africain une formation de haut niveau et de lui permettre ainsi de tirer parti de son énorme potentiel. Nous avons un devoir moral d’y consacrer tous nos efforts.

* Président de l’EPFL

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.