L’investiture des deux candidats à l’élection présidentielle divise les Etats-Unis. Et cet été, on a vu que leurs déclarations, dérapages, révélations et diffamations ont incité les citoyens à en débattre sur toutes les plateformes, réelles et virtuelles. Mais cette campagne marquée par le vitriol et la polarisation a aussi fait surgir des prises de position politiques là où on ne les attendait pas: dans les rubriques nécrologiques des journaux!

Ainsi, depuis sa tombe, le défunt donne un dernier argument pour influencer un vote ou fait part de sa dernière volonté: inciter familles et proches à choisir. Elaine Fydrych, par exemple, a fait demander dans son avis mortuaire: «En lieu et place de fleurs, s’il vous plaît, ne votez pas pour Hillary Clinton.» D’autres tentent l’humour, comme dans un cet avis de décès à Richmond: «Face à la perspective de voter pour Donald Trump ou Hillary Clinton, Mary Ann Noland a choisi de rejoindre Dieu et l’amour éternel.»

«Un de moins pour Trump»

Quant au faire-part de la famille de Joseph Vogt, il dit: «Joe aimait le Parti républicain, que Dieu le bénisse, mais avec son passage dans l’au-delà, cela fera au moins un vote de moins pour Donald Trump.»

Le site Legacy.com a été fondé en 1998 et publie 70% de tous les avis de décès en partenariat avec 1500 titres de presse américains et internationaux et 3500 entreprises de pompes funèbres. Ses employés valident les témoignages reçus et filtrent tout contenu inapproprié, comme «l’oncle Bob avait une maîtresse».

On est moins formel

Pour Katie Falzone, vice-présidente des opérations à Legacy, interrogée par la radio de service public NPR, il y a «une augmentation d’avis de décès avec une teneur politique au cours de ce dernier cycle électoral. De 2003 à 2005, nous avons reçu en tout cinq références à des candidats, comparé à 119 en 2016.» Mais ce n’est pas seulement dans ce domaine que l’on voit «des changements», poursuit-elle: «Les avis de décès sont beaucoup moins formels qu’autrefois, les familles évoquant de plus en plus de détails personnels sur leurs proches.»

A force de partager sa vie et ses opinions sur les réseaux sociaux, il n’est pas étonnant de voir surgir l’envie d’avoir, une ultime fois, le dernier mot.

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