Opinion

Multinationales responsables: gagner grâce à l’opiniâtreté

OPINION. Le parlement s’est emparé de la question de la responsabilité des entreprises. Il reste malheureusement sous l’influence des lobbies économiques, déplore Danièle Gosteli Hauser, de la Section suisse d’Amnesty International

Il y a deux ans, la France adoptait une loi sur le devoir de vigilance des entreprises. A l’instar de l’initiative suisse pour des multinationales responsables, elle exige que les entreprises respectent les droits humains et l’environnement dans le monde. Et comme en Suisse, les lobbies économiques ont combattu cette loi, évoquant des délocalisations et des menaces sur la place économique, et reprochant à la France de faire cavalier seul. Le bilan établi à Paris le 28 mars dernier montre que les craintes étaient infondées. Aucune entreprise n’a quitté le territoire. Leur requête? Laissez-nous du temps.

Depuis 2017, la loi sur le devoir de vigilance impose aux entreprises comptant plus de 5000 salariés en France ou plus de 10 000 salariés dans le monde un devoir de vigilance sur leurs actions et celles de leurs filiales et sous-traitants. Les entreprises peinent encore à délivrer des plans de mise en œuvre complets, mais la route est tracée. Comme l’ont rappelé Dominique Potier (député à l’Assemblée nationale) et Michel Sapin (ancien ministre de l’Economie et des finances), cette loi française n’aurait jamais été adoptée sans la mobilisation têtue de la société civile et l’engagement d’un cercle de parlementaires aux horizons très divers.