Le second tour des élections municipales françaises est, au fond, la continuation directe de la présidentielle de 2017. Invités à choisir entre des maires sortants issus des partis traditionnels qui, souvent, se présentaient à la tête d’alliances de circonstances, de nombreux électeurs français ont préféré «faire sauter la banque» en votant écologiste. L’élection d’Emmanuel Macron, ne l’oublions pas, s’est d’abord jouée voici trois ans sur la désaffection envers les deux grands partis de gouvernement, le Parti socialiste à gauche (6,36% des voix au premier tour pour son candidat Benoît Hamon) et Les Républicains à droite (20,01%).

Outre l’actuel président de la République, deux autres candidats présumés «anti-système» avaient alors engrangé un record de suffrages: Marine Le Pen pour l’extrême droite, et Jean-Luc Mélenchon pour la gauche radicale. Le macronisme était un «dégagisme». Installer à la tête de la République française un chef de l’Etat jamais élu était un désaveu limpide de la politique à l’ancienne.