Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Sur les eaux du lac de Zurich.
© Walter Bieri/Keystone

Un été à Zurich (4/7)

La musique interrompue du Zürichsee

Cela faisait cinquante ans que les bateaux du lac de Zurich accompagnaient départs et arrivées par un bref coup de corne. La plainte d’un riverain a mis fin à cette coutume. Mais la tentative de faire taire les bateaux pourrait se retourner contre lui

C’est le son de la flânerie, de l’été, l’appel du large. Le coup de corne des bateaux. Quel ne fut pas le désarroi des Zurichois lorsqu’ils ont appris, il y a deux semaines, que la petite musique accompagnant leurs baignades doit cesser. Sur avis de l’Office fédéral des transports (OFT), les bateaux ne sont plus autorisés à émettre un son d’une seconde lorsqu’ils accostent ou qu’ils lèvent l’ancre, comme ils en avaient l’habitude.

Du désarroi, les Zurichois sont passés à la colère lorsqu’ils ont réalisé que la plainte d’un seul homme est à l’origine de cette privation. Qui plus est, un riverain de la Goldküste, la côte dorée zurichoise. Les mauvaises langues disent qu’il s’agit d’un riche étranger nouvellement installé au bord du lac, prêt à en piétiner les coutumes. Quel toupet de vouloir mettre fin à ce rituel perpétué par les capitaines d’eau douce!

Vague de protestation

Car cela faisait cinquante ans que la flotte lacustre zurichoise accompagnait arrivées et départs des bateaux par un bref coup de corne. Or, comme l’OFT s’est empressé de le rappeler, l’ordonnance de la navigation fluviale précise qu’un son d’une seconde sert à annoncer un virage à tribord, tandis qu’un signal de quatre secondes alerte d’un danger. Si les bateaux klaxonnent systématiquement, ils risquent de «semer la confusion», avertissent les autorités.

On imagine le contentement du riverain, prêt à savourer sa quiétude retrouvée. C’était sans compter l’obstination des lacustres. Comme cette nageuse de 85 ans, dont la Neue Zürcher Zeitung raconte l’acte de désobéissance civile: elle fait des brasses en direction des bateaux, pour les inciter à faire retentir leur trompe. Ou encore ces passants qui crient depuis la berge: «Klaxon, klaxon!» Les capitaines, eux, se plient au règlement. Mais, rusés, ils avertissent: en cas de fort trafic, ils utiliseront désormais le signal long pour prévenir les baigneurs de leur présence… On ne réduit pas si facilement le Zürichsee au silence.


Chroniques précédentes

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)