Il y a les révoltés, tel l’UDC Roger Köppel pour qui «le gang des sept Etats les plus endettés pratique du pillage de haut vol, du brigandage de chevalier (Raubritter)». Il y a ceux qui en appellent à la résistance, comme Philippe Nantermod, qui, sur les réseaux sociaux, «espère que le Conseil fédéral saura décliner avec toute la fermeté nécessaire le projet [du G7] d’imposition minimum des entreprises, ces Etats qui pèsent toujours moins lourd dans la balance mondiale mais qui se comportent encore comme des puissances coloniales». Il y a les fatalistes, à l’instar du président de la Commission de l’économie du National, Christian Lüscher, sur les ondes de la RTS: «Il est vrai que si un certain nombre d’Etats imposent un taux à 15% et obligent les Etats comme la Suisse à imposer à 15%, faute de quoi les entreprises seraient imposées à l’étranger, il faudra évidemment s’adapter.» Et puis il y a ceux qui cherchent déjà une astuce pour contourner les effets d’une décision qu’ils savent inévitable. Ministre des Finances de Zoug, Heinz Tännler évoque déjà des mécanismes comme les subventions à la recherche et au développement, les allègements pour les revenus de la propriété intellectuelle afin de demeurer attractif.

La souveraineté de la Suisse s’effrite

Ainsi, une semaine après avoir vitupéré contre «l’attitude impérialiste de Bruxelles» – selon l’UDC – la colère des souverainistes se tourne désormais contre le club des sept grandes puissances du monde occidental. Les autres s’y résignent. On peut toujours s’égosiller comme le fit l’UDC Hans Kaufmann en 2008: «La souveraineté de la Suisse en matière fiscale n’est pas négociable!» La réalité est implacable: la souveraineté de la Suisse s’effrite. Depuis l’accord avec l’UE sur la fiscalité de l’épargne, la perte d’autonomie fiscale ne fait que s’accélérer: échange automatique d’informations, suppression des régimes fiscaux spéciaux, nouveaux standards de l’OCDE régulant l’optimisation fiscale, etc.