Ma semaine technologie

Naissance de l’intelligence artificielle idiote

Comment l’intelligence artificielle réoriente les stratégies des géants du Web

La course à la maîtrise de l’intelligence artificielle s’accélère. Cette semaine Uber a acquis Geometric Intelligence, une start-up qui va lui permettre d’atteindre une nouvelle dimension dans cette discipline. La petite boîte fondée par des chercheurs dans divers domaines n’est pas axée sur le deep learning ou réseaux neuronaux, cette manière de s’attaquer à des problèmes en analysant des tonnes de données. Au contraire, Geometric Intelligence vise à faire bien avec très peu d’informations à disposition. Un de ses fondateurs, Gary Marcus, a d’ailleurs écrit un bouquin – Guitar Zero – sur les processus complexes par lesquels doit passer un adulte qui apprend à jouer d’un instrument de musique.

Uber est déjà actif dans l’intelligence artificielle (ou AI, en anglais), après avoir notamment acheté à Pittsburgh une discrète équipe qui travaille principalement sur les défis de l’autopilotage. La firme valorisée à 70 milliards de dollars rejoint ainsi les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) qui travaillent d’arrache-pied dans le domaine. Tous ont une conviction: l’AI a la capacité de transformer leur modèle d’affaires et même de complètement réorienter leur champ d’intervention.

Toutes les grandes compagnies de technologies essaient en effet de prendre du recul par rapport à leur premier métier quand il y a un meilleur moyen de gagner de l’argent. Amazon s’est ainsi fait connaître en vendant des livres sur la Toile dans les années 1990 mais aujourd’hui sa division la plus dynamique s’occupe de cloud computing. Google n’est plus seulement un moteur de recherche mais un agent de la résolution des grands problèmes du monde. Alphabet, sa société mère, s’active en effet aussi bien dans la santé, les transports, la robotique ou l’énergie. Et le lien entre tous ces secteurs pourrait bien être l’intelligence artificielle, qui permet de travailler à une échelle jamais atteinte puisque la machine devient capable de travailler avec très peu de données et selon ses propres instructions.

C’est là-dessus que s’activent des entités dédiées au sein de grandes entreprises de la technologie comme Google Brain ou le FAIR lab de Facebook. Ces dernières ont souvent avancé à pas de géants dans l’AI en rachetant de toutes petites start-up, très en pointe et capables de leur procurer un avantage décisif. C’est l’alliance d’immenses ressources et de la créativité la plus débridée. L’AI «idiote» a ainsi un grand avenir: si les plateformes globales deviennent capables d’apprendre à travers seulement quelques exemples, voire un seul, elles vont progresser à une vitesse folle dans la compréhension de leurs utilisateurs. En espérant que ce sera toujours au bénéfice de l’humain.

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