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Une vision de désolation, ce lundi à Champéry (VS).
© Jean-Christophe Bott/Keystone

Charivari

La nature s’écroule et je ne fais rien contre

OPINION. Quand la montagne, fragilisée, crache sa boue et ses rochers, notre chroniqueuse regrette de ne pas être écologiquement plus correcte. Et vous?

Eboulements, rivières en folie, lave torrentielle, avalanches meurtrières. En Suisse comme ailleurs, la nature est en colère et le citoyen reste sans voix. Non pas qu’on ne sache rien des causes de ces dégâts. On est tous surinformés des conséquences dramatiques du réchauffement climatique. On sait l’effritement programmé des montagnes lié au recul des glaciers et à la fonte du permafrost. Mais, ces jours, comme à chaque emballement de la météo, la stupeur domine. Car depuis l’après-guerre, depuis soixante ans et des poussières, l’humanité aisée se plaît dans l’idée du confort et du progrès et regarde ailleurs, l’air distrait, quand des scientifiques ou des philosophes parlent de décroissance, d’économie d’énergie et de changement de vie.

Lire aussi: Bouffées de chaleur en montagne

Alors quoi? On court tous à la catastrophe? Au clash final? A la guerre sans foi ni loi entre ceux dont le sol sera safe et ceux que les eaux auront chassés de leur terre? Il semblerait bien, vu l’incapacité des grands dirigeants à prendre des mesures sérieuses pour la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Vu, surtout, notre envie, notre besoin de rouler loin, de voler haut, de consommer beaucoup pour se faire du bien.

«Je ne suis pas un cadeau pour la planète»

Je ne juge pas, je suis pareille. Plusieurs fois par année, je prends l’avion pour aller en Belgique ou en Ecosse, terres élues. Plusieurs fois par année, je prends la voiture pour descendre à Sète, ville «désuèto-parfaite». D’accord, je roule à vélo à Genève, un bon point. Et le train m’emmène travailler à Lausanne, deuxième gommette. Mais je ne mange pas bio et je regarde rarement la provenance des habits que j’achète. Bref, soyons honnêtes, je ne suis pas un cadeau pour la planète.

Je souffre? Oui et non. Parfois j’ai des éclairs de lucidité, comme un inconfort au corps. Mais le plus souvent, je pense aux gens que j’aime, à mes enfants et à mes potentiels petits-enfants sans trembler. Le déni est mon ami. Je bois un coup et j’oublie. Je vis ici et maintenant dans le respect de mon prochain et je trouve déjà ça superbien. Je pense à l’humain, peu à l’écologie.

«Je balise, je flippe»…

Mais quand la montagne gronde avant de cracher sa boue, sa neige et ses rochers, je me sens un peu moins OK. Quand l’Arve, la rivière qui coule en bas de mon chez-moi genevois, monte, monte et semble vouloir sortir de son lit qui est pourtant fort bas, je fais moins ma diva. Je balise, je flippe, je reste moi aussi sans voix. J’appartiens à une génération à laquelle on a laissé la possibilité de limiter son train de vie selon son désir. Ce n’était visiblement pas le bon choix.


Chronique précédente:

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