Ils ont osé. En une de leur numéro de la semaine, l’équipe de Charlie Hebdo a republié, entourée de quelques caricatures de Mahomet, la fameuse couverture de février 2006. Ce numéro spécial arborait un seul titre: «Mahomet débordé par les intégristes». Ledit Prophète se prenait la tête entre les mains, de rage et de dépit: «C’est dur d’être aimé par des cons…» Ces quelques coups de crayon, on ne le savait pas encore, seront à l’origine du massacre d’une partie de la rédaction de l’hebdomadaire satirique, ce funeste mercredi de janvier 2015 qui a vu le principe supposément inébranlable de la liberté d’expression attaqué au fusil d’assaut.

Le numéro 1467 de Charlie Hebdo est daté du 2 septembre 2020, jour de l’ouverture, à Paris et sous haute surveillance, comme on dit, du procès des attentats perpétrés il y a cinq ans au siège du journal ainsi que dans une épicerie casher, et qui ont aussi coûté la vie à deux policiers en fonction. Alors forcément, des voix ne manqueront pas de s’élever pour dire que quand même, remettre une briquette sur les cendres encore fumantes du débat entourant le droit au blasphème, ce n’est pas forcément très malin. Vraiment?