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Le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, lors d'une conférence de presse au sujet de la Pologne le 20 décembre 2017 à Bruxelles.
© Dursun Aydemir/Anadolu Agency/Getty Images

éditorial

Ne pas diaboliser les Polonais

ÉDITORIAL. La décision de la Commission européenne d’engager un bras de fer avec la Pologne ne doit pas conduire à faire de ce grand pays un paria au sein de l’UE. Au contraire. Les Polonais doivent comprendre que l’Union reste leur famille

La Pologne est un grand pays d’Europe. Les Polonais sont des Européens à part entière, dont la place est au sein de l’Union européenne que leur pays a intégré voici plus de treize ans. Ces deux affirmations doivent être sans cesse répétées haut et fort, alors que la Commission européenne a décidé de s’engager, mercredi, sur la voie de possibles sanctions envers les autorités de Varsovie, pouvant conduire à une privation des droits de vote. Le pire, en effet, serait de diaboliser une population prise aujourd’hui dans l’engrenage du populisme europhobe. Au risque d’alimenter les frustrations nationales exploitées par le Parti droit et justice (PIS) au pouvoir.

Lire aussi: Cette Pologne que Bruxelles veut désormais punir

La stratégie de confrontation empruntée par l’UE, alors que les énergies diplomatiques sont concentrées sur le Brexit britannique et que les convulsions de la Catalogne bousculent l’édifice communautaire, est logique. Une Union à 28 – demain à 27 – ne peut pas accepter qu’un gouvernement, certes soutenu par une majorité parlementaire, porte atteinte aux règles élémentaires de l’Etat de droit en s’efforçant de museler la presse, et de nommer une justice aux ordres. Mais gare, simultanément, à ne pas faire de la Pologne un bouc émissaire comme l’espère sans doute le leader du PIS, Jaroslaw Kaczynski.

D’autres maux problématiques minent l’Europe centrale. En Hongrie, le gouvernement de Viktor Orban flirte sans cesse avec les limites imposées par l’UE. En République tchèque, le milliardaire Andrej Babis, désormais premier ministre, a dans le passé été poursuivi en justice pour détournement de fonds européens. En Croatie, les nationalistes ont tous crié haro sur la justice internationale après le suicide en direct au Tribunal de La Haye du général Slobodan Praljak, condamné le 29 novembre. L’Autriche, enfin, vit de nouveau à l’heure de l’extrême droite conquérante, après la décision du jeune chancelier Sebastian Kurz de constituer une coalition avec le FPÖ, le parti dont le candidat Norbert Hofer avait été battu de justesse pour la présidence de la République en décembre 2016.

Le mal polonais est domestique. La transition trop rapide de ce grand pays vers une économie de marché dérégulée et le fossé qui sépare les élites intellectuelles de Varsovie d’une large partie de la population ont créé un gouffre béant de rancœurs et d’insatisfactions. Le «bâton» européen ne doit donc pas faire illusion: c’est en Pologne, sur le terrain, dans les campagnes et dans les quartiers populaires que le combat politique doit être mené face au PIS. Bruxelles a raison de s’en tenir aux principes. Mais tout doit être fait, simultanément, pour dire et démontrer aux Polonais que la meilleure chance de préserver leurs droits individuels et l’avenir de leurs enfants est de rester dans le sillon européen, dont ils ont largement profité.

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