9 février

Ne pas laisser l'UDC seule à définir la politique européenne

La mise en oeuvre de l’initiative contre «l’immigration de masse» sera confirmée vendredi. Mais pour l’heure, un seul parti suit une ligne politique lisible sur l’UE: l’UDC

Le Parlement fédéral s’offre un répit bienvenu après trois ans de course déclenchée par l’adoption de l’initiative contre l’immigration de masse le 9 février 2014. La loi d’application qu’il doit confirmer vendredi n’est pas parfaite. Elle ne peut, en l’état, que ressembler à un compromis urgent et minimaliste. Elle ne contente personne mais permet de parer au plus pressé: faire remonter les scientifiques suisses sur la scène européenne dès le 1er janvier. Cela sera chose faite dès que le Conseil fédéral aura – dans les prochaines semaines – ratifié l’extension de la libre circulation à la Croatie.

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Et ensuite? Si cette mise en oeuvre ne satisfait personne, elle n’est pas immuable. Le Parlement peut la faire évoluer. A l’interne, il serait tout indiqué de flanquer le mécanisme adopté de mesures plus sérieuses contre le risque de sous-enchère salariale et favorisant l’employabilité des résidents indigènes, un terme devenu fourre-tout qui se résume pour l’heure en un programme de bonnes intentions. Ce n’est qu’ainsi qu’il répondra à une bonne partie des préoccupations exprimées le 9 février 2014.

A l’externe, il sera intéressant de suivre la réflexion européenne liée à la question de la libre circulation des travailleurs. Elle pourrait donner une nouvelle marge de manoeuvre. L’appel signé mardi par huit ministres européens du travail dans le journal Le Monde afin de réviser la directive dans le sens d’une plus grande protection contre les abus est à ce titre-là encourageant.

Cela dit, si la Suisse compte profiter de la remise en question des dogmes européens tout en restant un pays tiers, elle doit se comporter comme un partenaire de confiance pour l’Union européenne. Cela suppose d’avancer dans la rénovation de la voie bilatérale, aujourd’hui en cours de négociation. Le Conseil fédéral a repoussé cet objectif. Il n’y voit plus d’urgence. Une majorité du Parlement l’encourage dans cet attentisme, estimant encore que le Brexit, s’il a lieu, amènera son lot d’enseignements pour la Suisse. Compréhensible, cette attitude prudente ne doit toutefois pas empêcher la redéfinition d’une politique européenne cohérente et la prise d’initiative. Car pour l’heure, un seul parti suit une ligne politique lisible sur l’UE: l’UDC. Contre l’adhésion, contre la migration européenne. Et bientôt pour une résiliation de l’Accord sur la libre circulation des personnes. Cela a le mérite d’être clair mais ne fait pas avancer la Suisse. Aux autres partis de faire mieux.

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