L’une des conséquences majeures de cette crise du coronavirus est le retour en force du politique. On pense de prime abord au conseiller fédéral Alain Berset ou à des conseillers d’Etat tels la Vaudoise Nuria Gorrite ou le Genevois Mauro Poggia, omniprésents dans l’espace médiatique. Mais on aurait tort d’oublier ceux que l’on ne voit pas, alors qu’ils sont quotidiennement en première ligne, les élus des quelque 2200 communes que compte la Suisse. Ce sont souvent eux qui ont multiplié les initiatives, pour organiser ici la livraison de repas, coordonner là le travail des bénévoles ou apporter ailleurs un premier soutien financier à des petits commerçants aux abois.

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Politiciens de milice

En prise directe avec leurs concitoyens, ces élus sont le premier maillon de la solidarité. Ce sont eux qui vont s’assurer qu’aucune personne âgée ne soit oubliée, quitte, comme dans certains villages, à les appeler une par une. Et quand le Conseil fédéral décide la fermeture des écoles et des garderies, ce sont eux encore qui, en bout de chaîne, vont se démener afin d’aider certains parents sans solution. Leur engagement est souvent admirable, en particulier dans les petites et moyennes communes où beaucoup sont des miliciens.

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Pourtant, depuis quelques années, l’échelon communal était devenu le mal-aimé du système politique suisse. Trop petit, il ne permettrait plus de gérer des problématiques toujours plus techniques et complexes, comme l’aménagement du territoire, domaine dans lequel – il faut le reconnaître – certaines localités ont été dépassées. Petit à petit, les communes ont vu leurs prérogatives rabotées pour être confiées aux cantons ou à l’échelon intermédiaire des associations intercommunales. Partout, des politiques volontaristes de fusion ont été engagées, avec plus ou moins de succès.

Baisses de recettes fiscales

La fonction d’édile local n’a en outre cessé d’être dévalorisée. Avec, comme conséquence, des vagues de démissions touchant les exécutifs communaux aux quatre coins du pays. Aujourd’hui, alors que l’état d’urgence impose une concentration des pouvoirs décisionnels au sommet de l’Etat et que les prévisibles baisses de recettes fiscales vont fragiliser durablement les communes, cette crise doit nous rappeler avec force que, de par leur dévouement et leur proximité avec les citoyens, ces élus locaux demeurent l’un des rouages essentiels de notre démocratie.