Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les hommes, qui occupent 70% des sièges au parlement, sont toujours bien accrochés au pouvoir, dont ils abusent parfois.
© ANTHONY ANEX / Keystone

Editorial

La nécessaire prise de conscience

EDITORIAL. Valaisanne à son origine, l’affaire Buttet a rebondi à Berne et plongé le parlement dans un climat de suspicion généralisée. La parole libérée des femmes a contraint les hommes à un essentiel exercice d’introspection

L’année 2017 avait commencé avec la présentation, aux Journées de Soleure, du film L’Ordre divin, encensé par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Elle se termine par l’affaire Buttet, qui a débouché sur un grand débat portant sur le sexisme ordinaire au parlement. Quelle désillusion! La comédie sociale de Petra Volpe, qui raconte le laborieux et douloureux combat des femmes pour obtenir le droit de vote en 1971, laisse entrevoir une Suisse faisant un grand pas vers l’égalité des sexes. Près d’un demi-siècle plus tard, on s’aperçoit qu’on en est encore loin. Les hommes, qui occupent 70% des sièges au parlement, sont toujours bien accrochés au pouvoir, dont ils abusent parfois.

Lire aussi: De nouveaux témoignages détaillent les dérapages à répétition de Yannick Buttet

Valaisanne à son origine, l’affaire Buttet a rebondi à Berne et plongé le parlement dans un climat de suspicion généralisée. Car plusieurs femmes ont dénoncé le «comportement inapproprié» de certains collègues, sans les nommer. En les entendant égrener ces bribes de vie parlementaire émaillées de plaisanteries graveleuses et de gestes déplacés, on s’est demandé si le XXIe siècle avait vraiment commencé.

Jusqu’ici, cette discussion était taboue. La parole libérée des femmes a contraint les hommes à un nécessaire exercice d’introspection. Même ceux qui n’ont pas grand-chose à se reprocher – et ils sont largement majoritaires – reconnaissent aujourd’hui qu’ils sont parfois tombés dans le déni de réalité en maudissant les journalistes, accusés de «lynchage médiatique».

Lire également: Harcèlement: la peur a changé de camp au parlement

Certains ne retiendront de cette affaire que la circulaire maladroite et infantilisante remise aux élus, traçant la frontière entre le flirt et le harcèlement sexuel. Mais la plupart admettent que cette remise en question a été salutaire. Ils n’avaient jamais imaginé que certains de leurs gestes pouvaient mettre leurs collègues femmes mal à l’aise.

Dans L’Ordre divin, le mari finit par soutenir sa femme dans sa quête d’égalité. Et au parlement en 2017? Le débat qui a commencé résonne comme une formidable prise de conscience par les hommes de l’appel des femmes au respect de leurs droits, à commencer par le droit à leur intégrité physique.

Lire aussi: Harcèlement: une cellule d’aide pour les élus

Ces hommes prêts à se remettre en question sont eux aussi touchants. Ils montrent leur volonté d’engager un dialogue sincère sur la frontière entre séduction et harcèlement sexuel. Peut-être que leurs témoignages sont annonciateurs d’un climat apaisé entre hommes et femmes, au lieu de la guerre des sexes que l’on redoutait.

Dossier
L'affaire Yannick Buttet

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)