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L’association Les Indociles a pour but de lutter contre différentes formes de discrimination.
© Capture d'écran du site «Les Indociles»

Manifeste

De la nécessité d’être féministe en 32 points et un poème

L’association Les Indociles, fondée en 2014, réunit cinq femmes, une scénographe, une comédienne, une historienne, une docteure en droit et une historienne de l’art. Elle a pour but de lutter contre différentes formes de discrimination. Elles nous proposent leur Manifeste dada, une liste des 32 raisons d’être féministes

La docilité est une «disposition à se laisser instruire, conduire par». Il s’agit d’un «comportement soumis», d’une «tendance à obéir». Nous concevons l’indocilité comme un refus de la soumission, une forme de désobéissance, de résistance, d’indépendance face à certaines normes sociales et juridiques qui façonnent notre société.

2017, soyons féministes:

Parce que nous croyons que notre sexe, quel qu’il soit, ne devrait pas déterminer notre liberté d’action et nos choix.

Parce que la féminité n’est pas le propre des femmes.

Parce que la masculinité n’est pas le propre des hommes. Et inversement.

Parce que «girls just want to have fun.»

Parce que le sexisme aujourd’hui est beaucoup plus insidieux que lors des premières luttes. Vigilance!

Parce que si Oskar Freysinger était une femme, elle «revendiquerait l’inégalité».

Parce que nous souhaitons questionner les normes dont sont empreintes nos sociétés, pointer du doigt certaines absurdités, déconstruire certains discours.

Parce que, comme Virginie Despentes, nous aussi nous voulons écrire et créer pour «les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf».

Parce que La Femme, ça n’existe pas. A part le groupe de musique évidemment.

Parce qu’un homme sur deux est une femme.

Parce que tout le monde connaît, fréquente, vit avec, travaille avec une personne se reconnaissant en tant que femme. Il s’agit de penser individuellement et collectivement une société qui respecte et se montre fière de sa diversité.

Parce que se faire appeler «mademoiselle» sous-entend qu’on devient femme quand on se marie.

Parce que les hommes se déclarant (pro-)féministes sont trop rares et qu’il faut toujours se méfier de ceux qui disent «adorer» les femmes.

Parce que l’égalité, ce n’est pas une opinion politique mais un droit. Tout comme le fait de ne pas se faire harceler dans la rue, de ne pas être violée, de ne pas être frappée par son conjoint ou sa conjointe, d’avoir le même salaire que les hommes, d’avorter, de se vêtir comme on le souhaite, etc. Des droits, pas des opinions.

Parce que dire des femmes qu’elle sont plus fragiles, plus délicates, plus belles, plus charmantes, plus mystérieuses (…) est une façon de les garder à une place inférieure.

Parce que tout le monde est féministe, non?

Parce qu’il a fallu attendre les années 70 pour voter, les années 80 pour ouvrir un compte en banque sans l’accord de son mari, les années 90 pour qu’une loi fédérale sur l’égalité hommes-femmes soit entérinée, les années 2000 pour que le droit du divorce soit révisé, l’avortement dépénalisé, les violences dans les couples poursuivies d’office, l’assurance maternité enfin acceptée.

Parce que les femmes ont leur place dans la rue, à vélo, à pied ou en patins à roulettes, sans se faire interpeller par des remarques sur la présence de leur corps dans l’espace public.

Parce qu’un jour on m’a dit: «Dans le sexe, l’homme donne et la femme reçoit.»

Parce que ne pas vouloir d’enfant pour une femme est encore suspect.

Parce que non, nous ne laisserons pas notre féminisme être utilisé à des fins racistes, classistes, LGBTIQphobes. Notre féminisme inclut les femmes dont le corps est marqué par la différence raciale, les femmes voilées, les femmes non hétérosexuelles, les femmes trans*, les femmes queer, les femmes de basses couches sociales. Toutes les personnes qui se définissent de bonne foi comme des femmes.

Parce qu’en 2015, on demande encore au nouveau premier ministre canadien pourquoi il a décidé d’avoir un gouvernement paritaire.

Parce que le viol en droit suisse est encore défini comme la pénétration d’un pénis dans un vagin. Peut mieux faire.

Parce que quand on dit «l’écrivain», «le professeur», «l’avocat», «le pompier», «le policier», c’est un homme que nous imaginons, pas une femme. Et que la représentation est essentielle dans une construction identitaire.

Parce que si vraiment cela n’avait aucune importance, on ne passerait pas autant de temps à nous expliquer pourquoi le masculin neutre englobe tout le monde.

Parce que «j’ai piscine», ça veut dire non.

Parce qu’à l’heure du politiquement correct où tout le monde se dit pour «l’égalité», nous nous revendiquons féministes.

Parce que nous préférons être heureuses plutôt que normales.

Parce que notre plaisir est révolutionnaire.

Parce que nos bodies are perfect.

Parce que la pénétration n’est pas obligatoire.

Parce que la pauvreté ne doit pas être une condition féminine.

Parce que

«fille femme nénette poulette croquette jambonnette jarret et fermeté qui dans l’os ne l’a pas mangé… il va falloir vous méfier gare au frigo où tu veux nous entreposer les seins des nicolas sont toujours encore là pour dessaler les envies sans respect montons nos crosses et cassons la croûte le croûton de ces vieux dictons tentons ensemble une nouvelle recette avec des fèommes, des fillçons et des garlettes»

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© Gabioud Simon (gam)