Revue de presse

Pas de neige à Noël, la faute à une «patate anticyclonique»

Les Fêtes au balcon: le scénario météorologique de la fin de 2016 risque fort de ressembler à celui de 2015 et à beaucoup de précédents. Le puissant anticyclone qui s’étend de la Russie au Portugal bloque toutes les précipitations

Selon l’ATS, près de 15 centimètres de neige sont tombés dans la nuit de dimanche à lundi dans l’est de la Suisse, en Suisse centrale et dans certaines parties du Valais. Les précipitations vont se déplacer vers l’ouest durant la matinée, indique pour l’heure MeteoGroup. Au nord, le temps sera froid avec une bise forte. Le foehn soufflera en revanche dans les Alpes, où la limite des chutes de neige se situera vers 1000 mètres.

Quinze centimètres, donc. C’est peu. Alors, la question que beaucoup de monde se pose au moment où les Fêtes – et les vacances qui vont avec – approchent à grands pas, c’est: Noël sera-t-il blanc? Enneigé comme «au bon vieux temps», avec ces «toits couverts d’une épaisse couche, les batailles de boules de neige, les flocons qui se collent à votre fenêtre…» rêve le site Planet. fr?

Une infime partie des Alpes est servie

Réponse: non. Mais il y a au moins une petite bonne nouvelle pour les amateurs de sports d’hiver et de manteaux immaculés: la région allant de Saas Fee (VS) au San Bernardino (GR), en passant par Bosco-Gurin (TI) doit recevoir une couche de neige fraîche d’ici Noël. Mais c’est une infime partie des Alpes.

La nettement moins bonne nouvelle, c’est que MeteoNews estimait, il y a quelques jours, la probabilité d’avoir un Noël blanc à seulement 5%. Autant dire, comme Le Matin, qui brosse un tableau très complet de la situation nivologique étique en Suisse: De la neige, il n’y en aura «probablement pas»: «Jusqu’à présent, les sommets situés au-dessous de 2000 mètres sont encore verts.» A qui la faute? L’institut de météorologie privé pointe du doigt une situation de hautes pressions très stable, persistante depuis le début du mois de décembre, qui rend pratiquement impossible l’avancement des fronts de précipitations.

Les experts se montrent d’une prudence de Sioux

Le quotidien orange précise qu’il n’est «tombé ni goutte ni flocon de tout le mois dans de nombreuses régions du pays, et aucun changement n’est en vue, selon la plupart des modèles de prévision actuels. De surcroît, l’inversion saisonnière due au brouillard amène des températures plus fraîches en dessous de 800 mètres, alors qu’il fait relativement doux en altitude où brille le soleil.» Cela ne devrait pas changer avant une dizaine de jours, soit juste avant Nouvel An; et encore, les prévisionnistes demeurent d’une prudence de Sioux. Ce qui peut faire marrer:

Cela s’annonce donc très compliqué pour le ski, «car nous sommes dans une situation de blocage appelée «patate anticyclonique» par les météorologues», explique Chloé Nabédian sur le site de France Télévisions. Et il est «gratiné», cet anticyclone «très puissant et vaste, qui s’étend du Portugal vers la Russie, et qui reste accroché» sur nos régions «depuis trois semaines, ce qui n’est pas arrivé depuis 1975». Résultat: «A la rubrique «qualité» du manteau neigeux» des stations de (très) haute altitude, on peut lire: «Neige de printemps», «Tout est dit», en conclut Le Parisien.

Les stations doivent donc s’organiser, «car ce scénario catastrophe» du Noël vert et tempéré «se répète désormais» presque chaque année, à en croire le quotidien français: «En plaine, on y est habitué depuis des lustres. Mais en montagne aussi, les flocons se font rares. «Depuis quelques années, à cause du réchauffement climatique, l’absence de neige à Noël est devenue quasiment la norme», constate le prévisionniste Guillaume Séchet. Tous les voyants étaient pourtant au vert mi-novembre quand de fortes chutes avaient recouvert l’ensemble des massifs.» Mais depuis un mois, plus rien.

«Un véritable cauchemar»

Les stations s’adaptent, elles n’ont pas d’autre choix. «Activités alternatives au ski, montée en gamme des hôtels pour attirer la clientèle internationale, les réponses diffèrent selon la taille et l’altitude des stations», résume Le Monde, qui décrit ce «ciel désespérément bleu et un soleil radieux. […] Un véritable cauchemar.» En Isère, «les webcams confirment l’ampleur du désastre. Le bas du domaine skiable n’est qu’une vaste étendue de terre. […] Aux Rousses (Jura), près de la frontière suisse, seuls 4% du domaine et 6% des remontées mécaniques sont ouverts aux skieurs.»

Comment compenser? Avec des activités estivales: VTT, Trottinherbe, patinettes à grosses roues ou mountainboards, des planches à roulettes adaptées pour descendre les pistes herbues. «La reine du moment, toujours selon Le Monde, c’est la luge sur rail. Sanglés sur un siège accroché à un rail, les téméraires dévalent plus d’1,2 kilomètre à 40 km/h au milieu des sapins.» Verts.

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