éditorial

N’enterrons pas trop vite le PDC!

EDITORIAL. Le parti du président Gerhard Pfister ne stoppera peut-être pas sa chute le 20 octobre prochain, mais il reste indispensable sur l’échiquier politique suisse en tant que constructeur de ponts

Il y aurait plusieurs raisons de ne pas regretter le déclin du PDC s’il devait chuter sous la barre des 10% de part électorale. Déchiré entre ses ailes libérale-sociale dans les grandes villes et conservatrice dans les cantons catholiques, ce parti a perdu son identité. Et la réforme PDC 2025, dans laquelle il se définit comme étant «social-conservateur», n’a en rien clarifié les choses.

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Cela n’est bien sûr pas nouveau. Le PDC a toujours voulu concilier prospérité et justice sociale, avoir «la tête à droite et le cœur à gauche». Mais cet éternel champ de tensions en son sein lui pose un problème tant de lisibilité que de visibilité. Sur des questions aussi essentielles que l’initiative pour des multinationales responsables, l’accord institutionnel avec l’UE ou encore le congé parental pour succéder à un congé paternité anachronique, ses deux ailes disent tout et son contraire. Dans le contexte d’une Suisse de plus en plus urbanisée de dix millions d’habitants qui se profile à l’horizon 2040, le PDC n’a pas de recettes pour séduire ce nouvel électorat.

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La Chambre des compromis

Malgré toutes ces réserves, le PDC reste un parti indispensable sur l’échiquier politique suisse. Quel que soit son score au soir du 20 octobre, il demeurera le principal parti au sein du Conseil des Etats. Beaucoup moins polarisée que ne l’est le Conseil national, cette Chambre des cantons est souvent celle qui trouve les compromis permettant de sortir d’une impasse. C’est elle qui a ainsi permis de sauver le bilan de la législature en mettant sous toit la réforme fiscale et du financement de l’AVS, cela grâce notamment à l’action aussi discrète qu’efficace de Konrad Graber (PDC/LU).

Dans ce rôle de trait d’union, le PDC est pour l’instant irremplaçable. Alors que la rue réclame «tout de suite» des mesures pour relever le défi climatique, il est illusoire de trouver des majorités sans lui. On l’a trop vite oublié, le PDC a toujours eu une forte fibre écologique: il avait réfléchi à la sortie du nucléaire avant la catastrophe de Fukushima de mars 2011.

Fédérer le centre

A l’avenir, le PDC serait bien inspiré de s’atteler à fédérer les forces du centre s’il veut gagner en influence. A l’échelon du groupe parlementaire du moins, il doit intégrer un PBD moribond et conclure des alliances ponctuelles avec les Vert’libéraux, auxquels il s’est apparenté dans plusieurs cantons.

C’est sûr: la Suisse aura bien besoin de ce troisième pôle.

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