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Paul Bulcke, le CEO de Nestlé, lors de la conférence de presse sur les résultats du groupe pour l'année 2015, le 18 février 2016.
© LAURENT GILLIERON

Editorial

Nestlé, la croissance malgré tout

Les marchés financiers sanctionnent Nestlé pour ne pas avoir atteint l’objectif de croissance qu’il s’était fixé en 2015. La croissance faible est appelée à durer, dans un monde économique en mutation

Nestlé n’a pas été à la hauteur. Du point de vue des marchés financiers, s’entend. Ils reprochent au géant de l’agroalimentaire de Vevey de ne pas avoir rempli en 2015 sa promesse de croissance organique, qu’il avait fixée à 5%. Il a dû avouer une progression plus modeste, de 4,2% lors de la publication de ses résultats annuels jeudi matin. Pire, c’est la troisième année de suite qu’il rate sa cible. Le chiffre d’affaires s’est tassé à 88,8 milliards de francs et le bénéfice net a affiché un plongeon de 35% à 9,1 milliards.

Lire aussi :  Nestlé rate ses objectifs de croissance pour la troisième année de suite

La sanction des bourses a donc été nette, l’action a chuté de 4,6%. Les dirigeants du groupe ont eu beau insister sur la «discipline» de leurs investissements et sur le caractère «exceptionnel» de certains déboires, comme l’interdiction de la vente de nouilles Maggi en Inde pendant plusieurs mois, rien n’y a fait. Pas même l’annonce d’une hausse du dividende.

Certes, Nestlé s’aventure en terrain miné lorsqu’il promet un taux de progression ambitieux. Surtout lorsque ce taux dépasse, de loin, la croissance économique mondiale, estimée à 3,1% l’an dernier par le Fonds monétaire international. La mésaventure risque par ailleurs de se reproduire cette année puisque le groupe maintient ses mêmes objectifs alors que la situation mondiale ne promet guère d’améliorations. Dans ce sens, les marchés ont raison de sanctionner une vision trop optimiste des choses.

Mais au-delà de ces questions conjoncturelles, c’est un monde nouveau qui s’ouvre et dont chacun doit apprendre les règles. Un monde fait de croissance faible, certains évoquent même une «stagnation séculaire». Un monde dont la conjoncture n’est plus automatiquement soutenue par la Chine. Un monde, on le voit en Europe, de déflation généralisée. Autant d’éléments qui accroissent encore la pression sur les prix, réduisent encore la marge de manœuvre des entreprises, et qui se lisent dans les résultats généralement décevants publiés jusqu’ici par les sociétés cotées en Europe.

Pour Nestlé, ces éléments nouveaux ne tombent pas au bon moment. Le groupe, qui célèbre cette année son 150e anniversaire, s’achemine vers une nouvelle transition au sommet. Cet automne, en principe, le nom du successeur de Paul Bulcke sera connu, le directeur général étant pressenti pour succéder à Peter Brabeck à la présidence en 2017. Un nom émerge déjà parmi les successeurs possibles, celui de la Sino-Américaine Wan Ling Martello.

La nomination d’une femme serait une grande première. Une première qui soulignerait la solidité intrinsèque de ce géant, qui mettrait en lumière les immenses qualités de son management. Nestlé a certes été chahuté en bourse. Mais il continue de croître et de dégager une rentabilité inoxydable. Et rien ne semble l’arrêter.

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