Editorial

Neuchâtel et la vertu des grands travaux

Le canton se réforme et se réinvente pas à pas, après des années de marasme. Les chantiers en cours, du Palais de justice de La Chaux-de-Fonds à Microcity, témoignent d’un renouveau prometteur

On reparle de Neuchâtel. Plus pour ses affaires politiques, ses bringues régionalistes et ses taux record de chômage, d’aide sociale ou de divorce – ces handicaps restent malheureusement d’actualité –, mais de manière positive et constructive. Attendues depuis longtemps, les nécessaires réformes prennent forme.

Sous l’impulsion d’un courageux Conseil d’Etat renouvelé en 2013, emmené par les ministres Jean-Nat Karakash et Laurent Kurth, le canton s’est mis en mode «un seul espace», selon le slogan gouvernemental. Pas au pas de charge comme l’avait préconisé auparavant Jean Studer. Mais pas à pas, par la concertation et la conviction.

L’issue favorable – en attendant la votation populaire de février – de l’indispensable réorganisation hospitalière, avec une concentration des soins aigus à Neuchâtel et le développement d’une structure inédite en Suisse de réadaptation à La Chaux-de-Fonds, illustre le renouveau neuchâtelois.

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Comme une hirondelle ne fait pas le printemps, cette décision ne transporte pas Neuchâtel de l’enfer vers le nirvana. C’est pourtant un signal qui s’ajoute à d’autres: Neuchâtel réforme et centralise sa justice, sa police, ses services industriels, etc.

Un autre événement, ce mercredi, fait rayonner Neuchâtel. Avec le forum des 100 de L’Hebdo, le canton débat de révolution industrielle 4.0. Avec cette légitimité: le réseau Microcity d’instituts publics et privés de recherche installés à Neuchâtel se profile comme pôle mondial de l’innovation industrielle dans l’infiniment précis.

Les esprits chagrins diront que Neuchâtel fait du rattrapage, qu’il doit assainir ses finances pour être crédible, que les résistances régionalistes et corporatistes restent puissantes, que la vision d'«un canton – un espace» n’est pas (encore) pleinement entrée dans les mœurs. Pourtant, le volontarisme gouvernemental fait bouger le canton, vers une nécessaire réinvention et modernisation.

Neuchâtel peut rester enferré dans la nostalgie de sa riche époque d’avant la crise horlogère. Ou admettre que le monde a changé, que le canton s’est appauvri et qu’il doit s’adapter. En février, le peuple a opté pour la modernisation des infrastructures de mobilité. Un autre signal fort. Mais Neuchâtel a besoin de la Confédération pour les financer. Participant à l’enrichissement du pays grâce à son industrie innovante et exportatrice, Neuchâtel doit prouver à la Suisse qu’il a opté résolument pour la réforme de ses structures. Ses premiers pas sont prometteurs.

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