En s’attaquant à l’Ukraine, la Russie enfreint toutes les règles fondamentales du droit international. En réaction, la décision du Conseil fédéral de reprendre les sanctions internationales est à saluer: la Suisse s'est ainsi positionnée du côté du droit international. La décision a toutefois parfois été mal comprise dans notre pays et à l'étranger: un revirement total de la politique de neutralité helvétique a été évoqué, voire un abandon de celle-ci. Si le Conseil fédéral peine à rendre sa politique compréhensible, il est néanmoins important que la population la comprenne. Il n'y a certes guère de principe suisse qui rencontre un soutien aussi élevé que la neutralité, mais sa définition fait débat. Sur cette question, le Conseil fédéral devrait très rapidement présenter sa politique basée sur le droit actuel et clarifier les critères qui le guideront à l'avenir. Concrètement, la neutralité suisse doit s'orienter selon trois points de repère: le droit de la neutralité, les valeurs communes et le droit international.