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«No Billag»: quand le débat d'«Infrarouge» déborde sur le 2e écran

Alors que les invités débattaient mercredi soir de l’initiative pour supprimer la redevance radio-télévision sur RTS Un, les internautes ont commenté en direct leurs prestations sur les réseaux sociaux

Faut-il supprimer la redevance radio-télévision? «Infrarouge» posait la question mercredi soir sur RTS Un. Les internautes y ont répondu en direct, par écran interposé. Alors que la campagne bat son plein, c’est la première fois que la RTS empoigne frontalement le débat sur l’initiative dite «No Billag». Sur le plateau, les pourfendeurs d’un «système injuste et dépassé» affrontent les défenseurs d’un service audiovisuel public indépendant et de qualité, garant d’une cohésion nationale. Et sur les réseaux sociaux, chacun choisit son camp.

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«Quel paradoxe que les invités qui défendent l’initiative viennent dans une émission financée grâce à la redevance», pointe un internaute en préambule. L’exercice est, il est vrai, délicat, en particulier pour la SSR, accusée de «prosélytisme» ou de «publicité subliminale» par certains de ses détracteurs. Pour un usager, l’opération du jour est contre-productive. «Plus les politiciens et médias désirent influencer le citoyen, plus il a envie de voter exactement le contraire, c’est son dernier pouvoir. Regardez mieux le résultat de Prévoyance vieillesse 2020 et vous saurez qu’il faut éviter de trop en faire. Prévoyez le plan B, il pourrait être utile!»

Plan B et mauvaise foi 

Ce plan B, justement, est inexistant, veut répéter le président de l’Union suisse des arts et métiers, l’UDC fribourgeois Jean-François Rime. La faute au parlement, où le débat a été «immédiatement bloqué». Sur Facebook, un internaute souligne sa mauvaise foi. «M. Rime, le débat a eu lieu semble-t-il. Donc mensonge. Arrêtez de continuellement contester des décisions quand elles ne vont pas dans votre sens. Vous bafouez la démocratie et ses institutions.»

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Au fil de la discussion, les commentaires sur la prestation des invités s’accumulent. Alors que la conseillère fédérale Doris Leuthard évoque le sort des 34 radios et télévisions régionales qui bénéficient de la manne financière de Billag, @jimsordet l’interroge sur Twitter: «Madame Leuthard, comment font alors les nombreuses radios et TV qui ne touchent pas la redevance? PlusRouge FM, Val TV, etc. C’est un peu fallacieux comme argument.»

Immédiatement, @ArianeBeldi rétorque: «Elles ne diffusent que quelques heures par jour, ou font tourner en boucle les quelques mêmes émissions, entrecoupées de monstrueuses plages de pub! Surtout, elles ne produisent aucune info, qu’elles reprennent dans les dépêches! C’est ça l’avenir?»

La jeune génération divisée 

Sur Twitter, certains doutent lorsque Nicolas Jutzet, le responsable de «No Billag» pour la Suisse romande, avance que «plus de 60% de la population est prête à payer 200 francs pour acheter les médias qu’ils consomment». Il «défend le libre marché et en même temps, il prétend se battre pour les plus petits revenus… Alors que sans la redevance, ils n’auront plus d’info ou la paieront plus cher. Incohérence», estime @TristanNils.

Face à celui qui se revendique porte-parole de la jeune génération, @FlorianneLi ajoute: «En tant que jeune de 19 ans, je préfère payer une redevance afin d’avoir des médias, des radios et des émissions de qualité que de voir des pubs toutes les 5 minutes comme sur les chaînes anglo-saxonnes!»

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Persuadé depuis 1992 que la Suisse peut se passer de la SSR, Pierre Veya, directeur de la rubrique économique de Tamedia, en prend lui aussi pour son grade. «Monsieur #Veya a une drôle conception de la démocratie directe: si #NoBillag était acceptée, le parlement et le Conseil fédéral bidouilleraient une solution pragmatique #dugrandnimportequoi», estime @micgirod.

«Consommateur payeur», vraiment?

Brandi de part et d’autre par les initiants, le sacro-saint argument du «consommateur payeur» ne tient pas. Un internaute le prouve par l’absurde: «Si l’on arrête de financer les radios et les télévisions d’intérêt public sous prétexte que certains n’aiment pas les regarder ou les écouter, alors arrêtons carrément de financer l’école de nos enfants. Car eux non plus ne veulent pas y aller.»


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