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Pour Nicolas Jutzet, les arguments des défenseurs de la redevance sont hypocrites. 
© PABLO GIANINAZZI

Opinion

«No Billag» ne menace pas la sécurité nationale

OPINION. Le président de «No Billag», Nicolas Jutzet dénonce le caractère protectionniste des arguments des défenseurs de la redevance

A lire les différents articles alarmistes, en cas d’acceptation de l’initiative «No Billag» le 4 mars prochain, la sécurité nationale serait mise en danger. L’idée de rendre la liberté de choisir aux ménages de ce pays serait un danger sécuritaire. Cette énième tentative d’agiter les peurs est une tactique qui démontre tout au plus une vision dépassée d’un monde qui est désormais ouvert, connecté, tolérant et qui rejette, du moins en Suisse, la vision autoritaire de l’Etat. Ce dernier est un prestataire de services, pas un outil de propagande et de surveillance des foules.

Lire aussi: «No Billag» provoquera la disparition des TV de toute la Suisse romande

Le média le plus utilisé par nos concitoyens est Internet, que la Confédération le veuille ou non. Si l’inquiétude était réellement d’informer les citoyens en cas de catastrophe, la Confédération devrait plutôt se réjouir de pouvoir compter sur ce réseau largement développé et utilisé par le peuple. Rien que le réseau de téléphonie mobile a une portée beaucoup plus grande que les programmes radio de la SSR. Si pour être averti d’une catastrophe naturelle il fallait regarder la télévision en linéaire ou écouter la radio en direct, il y a belle lurette que la sécurité du pays serait compromise.

Approche nationaliste

L’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) mène actuellement des tests avec de nouveaux outils qui doivent permettre de renseigner la population en cas de problème. Il a, par exemple, testé, avec succès, des boîtes aux lettres intelligentes qui permettent d’informer la population au moment d’une importante et longue coupure de courant. Le tout fait partie de la nouvelle stratégie d’information de l’OFPP qui souhaite multiplier les canaux d’information en intégrant ceux qui sont utilisés au quotidien. Des solutions existent, cessons de faire inutilement peur à la population.

L’Etat est un prestataire de services, pas un outil de propagande et de surveillance des foules

Par ailleurs, il est souvent avancé que la SSR, via la redevance, fait office de rempart face à la propagande étrangère et qu’il faut à tout prix maintenir cette source d’information neutre et indépendante. Cette approche nationaliste cache cependant bien des lacunes. Non seulement la presse écrite joue également un rôle important en termes de journalisme de qualité, mais en plus, elle sous-entend que tout média étranger est un danger pour notre pays. Pourtant les citoyens de ce pays s’informent régulièrement par des canaux étrangers ce qui, jusqu’alors, ne semblait pas effrayer ces nouveaux défenseurs de la suissitude de l’information.

Dresser des épouvantails

Pour finir, elle postule que le «Suisse type» n’a pas envie d’avoir accès à des informations qualitatives de façon volontaire et que ces dernières doivent lui être imposées par la force, pour son bien. C’est faire fi de toutes les particularités de notre pays, notamment de la démocratie directe qui permet à chaque citoyen de prendre régulièrement position, éveillant de fait un intérêt politique dans une large partie de la population. En conclusion, si l’approche protectionniste était véritablement sensée, il faudrait continuer le combat pour demander la création d’un Google, d’un Facebook ou encore d’un Spotify suisse. Peut-être qu’à ce moment-là, enfin, la Suisse serait protégée des épouvantails dressés par nos adversaires.

Dossier
La controverse «No Billag»

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