L’initiative «No Billag» lancée par les Jeunes UDC et déjà soutenue par les sections UDC zurichoise et vaudoise est une initiative qui contredit les fondements idéologiques de ce parti que sont la démocratie directe, la neutralité, le fédéralisme, une armée forte, la cohésion nationale et une culture suisse populaire et traditionnelle. Ce sont les valeurs libérales et libertariennes de ce parti qui s’opposent au maintien de l’identité suisse tant désirée par l’UDC.

Notre dossier: La controverse «No Billag»

Les médias sont en difficulté dans le monde entier et fusionnent afin de pallier les déficits récurrents de cette industrie. C’est le cas en Suisse depuis quelques années. M. Blocher et ses proches rachètent ou tentent de racheter des groupes de presse à perte ou sans potentialité de rentabilité future afin de préserver durablement l’idéologie de l’UDC blochérienne dans l’opinion publique. Pour les responsables de l’UDC, l’initiative «No Billag» arrive tactiquement au bon moment afin de porter un coup à la liberté d’expression, aux valeurs démocratiques et à la diversité culturelle de la Suisse. Les stratèges de l’UDC que sont Christoph Blocher, Walter Frey et Thomas Matter connaissent parfaitement le fonctionnement des médias, ayant participé à des achats ou à des offres d’achat.

Les manœuvres de l’UDC

Le président du comité d’initiative «No Billag», Olivier Kessler, rédacteur en chef du bihebdomadaire Schweizerzeit d’obédience UDC, fait partie de cette stratégie. Ne soyez pas dupe, l’initiative «No Billag» entre dans le cadre d’une guerre idéologique que l’UDC mène contre la culture suisse depuis des décennies et contre la liberté d’expression. Le but des stratèges de l’UDC est, d’une part, de contrôler une partie du paysage médiatique suisse afin de pérenniser l’adhésion de l’opinion publique aux idées conservatrices et d’obtenir une majorité au Conseil national, puis au Conseil fédéral. D’autre part, de supprimer les instruments de communication où la liberté d’expression se déploie de manière libre, indépendante, diffusant la diversité culturelle, linguistique et politique en Suisse et à travers le monde. Et enfin de rendre la Suisse dépendante de chaînes privées et des fake news, permettant l’acculturation des masses et une américanisation accélérée de la société, portant les valeurs de la violence et de la guerre, alors que la Suisse est culturellement neutre et pacifique depuis cinq siècles.

Ne soyez pas dupe, l’initiative «No Billag» entre dans le cadre d’une guerre idéologique que l’UDC mène contre la culture suisse depuis des décennies et contre la liberté d’expression

Après la votation de l’initiative «No Billag», l’UDC ne pourra plus se poser comme étant le seul défenseur des mythes fondateurs de la nation, car «No Billag» est une attaque ciblée contre nos valeurs et notre culture suisses. En outre, une des techniques démagogiques utilisées par les partis populistes consiste à utiliser les valeurs de la nation comme un paravent pour cacher les intérêts particuliers de leur mentor.

Le libertarisme à l’œuvre

Trop de libertarisme et de libéralisme nuisent à l’identité suisse, car une société orientée uniquement vers l’argent ne peut que générer le vide identitaire et par conséquent la désunion des éléments constituant la nation.

L’ultralibéralisme aboutit à un seul gagnant, le plus fort, le plus puissant et le plus grand. Vouloir privatiser la télévision publique, les transports publics, La Poste et éventuellement l’armée, selon la doctrine des libertariens, nous conduirait à tomber un jour sous le joug d’une grande puissance. Un Etat pacifique, neutre, démocratique avec une administration qui fonctionne et des entreprises étatiques fortes peut maintenir le cercle vertueux dans lequel la Suisse s’est toujours trouvée. Cette initiative veut porter atteinte à l’indépendance de notre pays.

Au moment de la montée des populismes en Europe, d’une situation internationale explosive, la Suisse doit rester une démocratie forte avec des entreprises et des administrations publiques solides. Le 4 mars, votez non à «No Billag» afin que la Suisse puisse diffuser ses idées et sa force démocratiques à travers le monde et qu’elle puisse exister à travers les siècles. Ne soyez pas dupe, cette initiative dont le titre ne peut être reconnu dans une langue nationale porte les germes de la désunion et de la violence.

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