Opinion

«No Billag» provoquera la disparition des TV de toute la Suisse romande

OPINION. Refuser «No Billag», c’est garantir à notre pays l’existence de médias qui font leur métier, à savoir participer directement au débat et à la discussion indispensable au fonctionnement de notre démocratie directe, estime le conseiller national PLR Laurent Wehrli

«No Billag pour la suppression du soutien public aux médias audiovisuels» est une initiative excessive. Si on veut changer le paysage médiatique, on peut atteindre ce but en modifiant les lois et ordonnances qui régissent les médias audiovisuels et la presse. Mais on ne peut pas changer le paysage médiatique en le détruisant, vu que cette initiative prévoit une interdiction de tout versement: 0.–! Elle est ainsi une grande illusion qui sous son titre alléchant – tout le monde est d’accord d’économiser quelques centaines de francs – cache une augmentation des dépenses des ménages qui devront s’abonner à des programmes bien plus chers que le 1.– par jour proposé.

De plus, ce texte vise aussi l’affaiblissement de notre démocratie directe par un manque flagrant de moyens d’information et d’analyse. Les reflets en images et en sons de nos manifestations sportives et de nos concerts seront également très directement mis en danger. «No Billag» provoquera la disparition des TV de toute la Suisse romande et des radios des cantons du Jura, de Neuchâtel, de Fribourg, du Valais, du Jura bernois, de Bienne et du Chablais.

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Le règne des fausses nouvelles

Etes-vous tenté de voter oui le 4 mars prochain à l’initiative «No Billag»? Si c’est parce que vous payez déjà pour le câble, sachez que le câble transporte les émissions mais ne les produit pas. Si c’est parce que vous voulez payer que pour ce que vous regardez, sachez que les multiples chaînes que vous devrez consulter pour voir vos émissions préférées à la demande vous coûteront beaucoup plus cher. Si c’est parce que vous êtes à la tête d’une entreprise et que vous ne voulez pas payer de redevance, sachez que 84% des entreprises payeront moins qu’aujourd’hui et que pour supprimer la redevance des entreprises, il faut changer la loi sur la radio et la télévision mais pas supprimer les radios et télévision en acceptant «No Billag». On pourrait continuer cette liste à l’infini.

Faire croire que les médias concernés s’en sortiront sans redevance est au mieux une "fake news"

Nous allons payer un franc par jour pour disposer de 19 chaînes de radio et de TV générales et régionales en Suisse romande. On a beau nous dire que l’objectif de l’initiative est de laisser la liberté à chacune et chacun de choisir et de payer pour ce qu’il entend ou regarde. La réalité et les conséquences sont bien là: il en résulterait un désert audiovisuel en Suisse romande avec deux possibles oasis à Lausanne et à Genève. Faire croire que les médias concernés s’en sortiront sans redevance est au mieux une «fake news», éventuellement une méconnaissance totale du domaine, au pire une tromperie. Si «No Billag» devait être acceptée, alors le règne des fausses nouvelles sera renforcé, faute d’analyses et d’informations transmises.

Totale indépendance

Refuser «No Billag», c’est garantir à notre pays l’existence de médias qui font leur métier, à savoir participer directement au débat et à la discussion indispensable au fonctionnement de notre démocratie directe. Les médias assument leur rôle de filtre et de contrôle. Les radios et TV soutenues par la redevance travaillent dans la plus totale indépendance journalistique, au contraire de nombreux médias soumis à des contingences économiques lourdes ou réduits à transmettre les ordres de leur propriétaire…

Il faut voter NON à «No Billag» pour empêcher ces risques et surtout pour permettre à la Suisse romande, ainsi qu’à toutes les autres régions suisses, de voir et d’entendre encore les échos de ses cantons et de ses régions.

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