Frederick Trump, le grand-père de Donald, est mort à 49 ans, victime, en mai 1918, de la grippe espagnole, cette pandémie qui allait enlever la vie à des millions de personnes (de 6 à 50 millions selon les chiffres). Il est l’un des premiers cas américains d’une catastrophe qui a contribué, avec le typhus en Europe de l’Est en 1919, à la mise en place de l’ordre sanitaire mondial si dédaigné par son petit-fils.

Comme aujourd’hui, la révolution des transports au XIXe siècle avait augmenté la vitesse de prolifération des épidémies. Un espace économique mondial était apparu mais entravé par la peste, le choléra et la fièvre jaune. Ces pestilences avaient donné lieu en 1851 à une première conférence sanitaire internationale, à Paris. Douze Etats européens réunis par la France avaient réfléchi à des normes prophylactiques pour se protéger tout en maintenant des libertés économiques auxquelles les quarantaines faisaient obstacle. Cette conférence, suivie d’une dizaine d’autres, avait débouché en 1903 sur l’idée d’un Office international d’hygiène publique (OIHP), à Paris. Elle répondait aux vœux d’un Gustave Moynier qui souhaitait depuis 1892 la création d’une institution publique internationale «virtuellement universelle». Au tournant du XXe siècle, la santé publique imposait ainsi une référence internationale. Il s’agissait de faire «œuvre de solidarité humaine», sur la base d’un «intérêt commun à tous».