La messe est maintenant dite. A une majorité écrasante, et nonobstant le fait que le taux de participation n’a été que de 32%, les Néerlandais ont refusé, lors du référendum mercredi 6 avril, l’accord d’association Union européenne-Ukraine signé en août 2014 et qui est déjà provisoirement mis en œuvre, en attentant la ratification des Vingt-Huit.

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Le gouvernement de La Haye précisera la marche à suivre ces prochaines heures, au plus tard ces prochains jours. Mais dans tous les cas, il ne pourra pas se cacher derrière le caractère consultatif du vote pour faire comme si rien n’était. La question va bien au-delà de l’embarras que cause ce vote – à plus forte raison, pour un pays qui préside l’Union au premier semestre 2016. Le non néerlandais de ce 6 avril 2016 est beaucoup plus qu’un simple symbole.

A Bruxelles, on minimisera

Les institutions européennes seront tentées de trouver la parade pour minimiser la portée du vote contestataire néerlandais. Dans ses premières réactions, la Commission a insisté qu’il s’agissait d’un vote national et que, pour sa part, elle resterait engagée politiquement et économiquement avec le partenaire ukrainien. De toute évidence, la posture relève de la politique de l’autruche.

A travers ce refus, le message envoyé par les électeurs hollandais n’a en réalité rien à voir avec l’Ukraine, un pays blessé, amputé et déstabilisé par l’agression russe. Les Néerlandais ont dit non avant tout à l’incapacité de Bruxelles à réconcilier les citoyens européens avec les institutions européennes. Les Européens des Vingt-Huit ne diraient sans doute pas autre chose. En grande majorité, ils veulent une Europe qui unit, qui écoute, qui rassure, qui protège, qui aide, qui coopère, qui soulage, qui dépanne et qui conforte. A leurs yeux, l’Europe d’aujourd’hui ne correspond pas à leurs aspirations.

Les errements de l’UE expliquent le rejet

La gestion chaotique de la crise des réfugiés, l’incapacité de trouver une réponse à la crise économique, plus particulièrement au chômage, le flou sur la politique sociale, les hésitations et indécisions géopolitiques, les mesures insuffisantes dans la lutte contre le terrorisme sont autant des raisons qui expliquent le non néerlandais. Il va de soi que la réponse à tout cela n’est pas celle prônée par les eurosceptiques et autres souverainistes.

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