Les plus anciens se souviennent certainement de ce tube des Poppys (1971), une chorale d’enfants chantant du rock (ce qui était peu commun à l’époque). La chanson parle de la guerre qui finit toujours par revenir et déçoit les espoirs d’une paix durable. Aujourd’hui, le refrain résume bien la désillusion que ressentent certains d’entre nous. Il faut se rendre à l’évidence: le coronavirus ne va pas changer la face du monde. Il y aura bel et bien un «retour à l’anormal» (c’est le slogan à la mode) ou «à l’immonde normal» (le même en plus tranchant). Une amie de Facebook nous avait prévenus: «Le Covid-19 est une pandémie, pas un miracle.»

Dans une première phase au moins, le «monde d’après» sera le «monde d’avant» en pire. Si, en Europe, la pandémie touche à sa fin (c’est loin d’être le cas en Inde et sur le continent américain), la crise économique, d’une gravité sans précédent, elle, ne fait que commencer. Rien n’indique, comme l’avaient espéré certains économistes, qu’elle sera de courte durée. La reprise sera lente, notamment parce que le timing de l’épidémie n’est pas le même d’un continent à l’autre et que la cohabitation durable avec le virus exige des précautions qui vont freiner le redémarrage. Comme toujours en pareil cas, la crise sociale perdurera plusieurs années. Ne parlons même pas de l’endettement colossal des Etats.