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Normale

Twitter, elle n’aurait pas dû. Mais à part ça, d’une manière générale, que devrait faire Valérie Trierweiler, en présidence normale?

Non, non et non. Valérie Trier­weiler n’aurait pas dû twitter son appui au rival de Ségolène Royal pour la course à la députation en Charente-Maritime. Ce n’est pas gentil pour leur François à toutes deux. Pas vraiment indispensable. Pas élégant, surtout. Et pas très malin. Non. Et non.

Ceci posé, reste la question à cent francs: que devrait faire Valérie Trierweiler? Je ne parle pas de la bataille électorale à La Rochelle; je parle en général. Ou plus précisément, en présidence normale.

Doit-elle continuer à gagner normalement sa vie de façon autonome comme elle l’a toujours fait? Ou abandonner son métier pour se muer en première dame entretenue? Si elle était, disons, médecin, la réponse serait peut-être un peu plus facile. Mais journaliste, c’est délicat question indépendance, et son choix de s’accrocher fait des vagues dans la profession comme en dehors. Et il n’y a pas que journaliste: imaginez qu’elle soit juge, directeur général d’une importante entreprise de fabrication d’armes, d’avions ou d’autoroutes ou secrétaire générale de l’UMP…

Une situation de c egenre est très douloureuse, il suffit pour s’en convaincre de la voir vivre au masculin dans la série danoise à succès, Borgen, une femme au pouvoir. Contraint par la dure loi des apparences de renoncer à un job de cadre chez un fournisseur de l’armée, le mari de la première ministre (qui, il est vrai, n’en est pas à sa première couleuvre) manifeste sa mauvaise humeur en choisissant la séparation. Et, comme spectatrice, on le comprend. Oh oui!

Oui. Mais que diriez-vous si Valérie choisissait ce moment pour plaquer François? A part «A quand un retour de Ségolène?», j’entends. Oui. Vous ne trouveriez pas ça gentil non plus. Valérie aurait l’air d’une mauvaise joueuse.

Les règles du jeu ne sont pas exactement les mêmes pour les hommes et pour les femmes, on le savait. Mais tout ça éclaire d’un jour intéressant la notion de présidence normale.

A priori, un président normal est un homme normal, normalement élu à la présidence, qui exerce cette dernière aussi normalement que possible, histoire qu’on parle enfin de politique quand on parle du président. Mais ce que les affres et les gaffes de Valérie semblent indiquer, c’est qu’aujourd’hui, il est assez difficile à un homme normal – mettons un type qui a tendance à vivre des relations égalitaires avec les femmes qu’il rencontre dans son milieu professionnel – de devenir un président normal. Parce qu’une femme normalement habituée à des relations égalitaires ne fait pas une première dame normale. Et, de ce point de vue, Valérie ne mérite pas que des mauvais points. Imaginez que la place soit toujours tenue par Ségolène!

Cela dit, il ne faut pas dramatiser: la fonction de première dame de France offre plein d’opportunités intéressantes. Par exemple, se faire photographier en robe de souris grise avec la reine d’Angleterre, donner des interviews à Paris Match ou se vouer à la défense d’une noble cause pas trop contradictoire avec l’engagement de son Jules.

J’ajoute une suggestion perso: le site de rencontres extraconjugales Gleeden, que je n’avais pas le plaisir de connaître, m’informe par voie de communiqué qu’il enregistre des pics de fréquentation féminine depuis que l’Euro 2012 mobilise les mecs devant leur poste. Je me dis que président, ça doit absorber au moins autant qu’Italie-Croatie. Non?

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