Courriers

Nos lecteurs écrivent pour le climat

VOS LETTRES. Les enjeux environnementaux sont détaillés dans les courriers de trois de nos lecteurs

Vos commentaires sont les bienvenus! Vos lettres ne doivent pas excéder 1500 signes (espaces compris). lecteurs@letemps.ch

Faisons-le!

Pierre A. Krenger, Pully 

Les médias et notamment Le Temps nous décrivent bien ce qui nous attend en matière du réchauffement climatique, avec son cortège de conséquences catastrophiques, si on ne fait rien contre. L’opinion publique s’en émeut et les manifestations des jeunes visant à réveiller la torpeur des décideurs de notre monde jettent une lueur d’optimisme dans notre quotidien. Tout cela est bien et beau.

Mais il s’agit de voir le problème dans son ensemble, sans limite géographique ni temporelle, car il concerne l’humanité dans son ensemble: populations actuelles et générations futures. Il s'agit en fait d'une prise de conscience de chacun de nous, à un moment qui devrait - dans l'idéal - marquer l'Histoire. Le passé relativement récent nous apprend que les acquis du siècle des Lumières ont débouché sur la Révolution française, puis universelle.

A l’heure actuelle, il ne s'agit plus de s’affronter entre nations et ensembles économiques pour des intérêts matériels, politiques, de prestige ou d'honneur national, ni religieux etc. Mais, n’ayons pas peur des mots: de la survie de l'humanité. Alors soutenons les manifestations destinées à réveiller la conscience des puissants de ce monde. Ne nous contentons pas de chipoter sur le taux de CO2, et sur qui doit prendre les mesures pour le faire diminuer - l’autre, évidemment ! Mais disons-nous en nous-mêmes, chacun et chacune : Que pouvons-nous faire pour éviter la catastrophe à nos descendants? Puis faisons-le!

Le dernier moment pour agir

André Durussel, Chêne-Pâquier VD

La mobilisation actuelle des jeunes générations en faveur du climat et de l'avenir de notre planète est l'heureuse réponse un peu tardive tardive à Denis de Rougemont (1906-1985), ce penseur européen qui déclarait en 1977 déjà que «la décadence d'une société commence quand l'homme se demande: Que va-t-il arriver ? Au lieu de se demander: que puis-je faire?»

Dans son célèbre ouvrage - L'avenir est notre affaire - il écrivait ceci: «Changer de rythme est la seule solution qui paraisse à la fois raisonnable et possible. Mais les partisans de la croissance et les responsables des grandes sociétés industrielles se voilent la face (p.31)». Si la Croissance - avec un C majuscule - était ainsi devenue la vraie religion du monde il y a quarante ans, ses limites sont aujourd'hui atteintes, voire dépassées... C'est effectivement le dernier moment pour agir.

Une petite chose toutefois me dérange. Ces manifestations de rues sont essentiellement l'apanage d'une société urbaine, rassemblant certes aussi des jeunes venant de régions périphériques et de banlieues. Mais «l'arrière-pays», celui d'un monde rural qui s'effondre lui aussi par la poussée démographique, la monoculture de zones résidentielles et l'impuissance effective de la Loi sur l’aménagement du territoire, est peu présent dans ces manifestations et débats, parce qu'il travaille encore aux champs et que le travail physique constitue un contact direct avec la réalité du monde naturel.

Construire davantage en bois

Yvonne Winteler, présidente de l’Association Climat Genève.

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre article sur le bois paru dans le Temps du 9 mars.

Si on veut utiliser le bois comme puits de carbone, ne serait-il pas logique d'employer le bois en tant que matériel de construction?

Les arbres seraient alors coupés à la fin de leur phase de croissance, pour laisser la place à de nouvelles plantations, ce qui permet de profiter en permanence de la phase où la capture du carbone est la plus grande. De plus l'utilisation du bois en tant que matériel de construction permet de diminuer le recours au ciment, dont la fabrication dégage une quantité très importante de gaz à effet de serre (environ 5% du CO2 mondial).


Découvrez notre page spéciale sur le défi climatique

Publicité