Ces deux derniers mercredis, deux de mes critiques cinéma ont été bien «vendues» sur les réseaux sociaux, comme on dit. Deux critiques plutôt brèves, et autrement plus amusantes à écrire que les films dont je parlais, à savoir Baywatch – Alerte à Malibu et Transformers – The Last Knight. Deux blockbusters conçus pour fracasser le box-office mondial mais désespérants dans leur façon de prendre les spectateurs pour de vils consommateurs amputés du cerveau. C'est d’ailleurs ce genre de commentaire qui m’a valu une volée de bois vert de la part d’internautes relevant mon peu d’objectivité et mon incapacité à prendre de tels objets filmiques pour ce qu’ils sont, à savoir de purs divertissements.

Critique de «Baywatch – Alerte à Malibu»

Une critique peut-elle être objective? Poser la question, c’est y répondre. Evidemment, non. Le propre d’une critique – qu’elle soit cinématographique, musicale ou théâtrale –, c’est justement la subjectivité, l’analyse personnelle à l’aune d’une grille analytique basée d’un côté sur une connaissance empirique de la matière, de l’autre sur un ressenti personnel. Et sur un plan comme sur l’autre, personne n’est égal. «Tout le monde a deux métiers, le sien et critique de cinéma», a un jour lâché François Truffaut. Il avait raison: il y a forcément autant d’avis qu’il y a de spectateurs. Que celles et ceux qui me reprochent la démolition en règle des longs-métrages que je juge abrutissants aillent les voir en compagnie d’une douzaine d’ami(e)s: il y aura forcément un tiers d’enthousiastes et un tiers de déçus, avec au milieu quelques «ni pour ni contre, bien au contraire». Qui a raison? Personne, à chacun son avis. Je ne cherche jamais à imposer le mien, je le donne, tout simplement.

Des flops relatifs

La critique fonctionne également par tiroir, par comparaison. Là, la sentence est sans appel. Baywatch est un film aussi racoleur, vulgaire, bête et mal interprété que Starsky et Hutch – dans le même genre, l’adaptation de séries télé – était en 2004 joliment vintage, fort amusant et porté par deux comédiens de talent. Quant au cinquième épisode de la franchise Transformers, il est, en matière de divertissement fantastique, aussi laid et sans intérêt (qui a vraiment envie de voir des robots géants se battre pendant près de deux heures trente?) que le récent septième épisode de la saga Star Wars jouait parfaitement avec la mythologie d’un univers qui a apporté beaucoup au cinéma commercial. Railler Baywatch et Transformers ne signifie pas être contre les blockbusters, mais simplement contre ceux qui ne respectent pas leur cahier des charges, à savoir ne pas ennuyer au bout de cinq minutes.

Critique de «Transformers – The Last Knight»

Mais je me dis qu’au moins, au milieu de tous ces commentaires acerbes, il y a une justice: aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde, ces deux films qui m’agacent se profilent comme de cuisants échecs au regard des attentes de leurs producteurs. La Momie, qui voit les studios Universal lancer un univers étendu peuplé des monstres qui ont fait sa réputation dans les premiers temps du cinéma parlant, semble être un flop plus retentissant encore. Reste que leur succès en Chine, comme le relève judicieusement un internaute, devrait leur permettre de tout de même engranger de juteux bénéfices… Le temps passé où la majorité des blockbusters n’étaient ni des suites, ni des reboots, ni des remakes, et encore moins des films de super-héros, m’emplit de nostalgie. Souvenir ému et pas si lointain, par exemple, de la découverte d’Avatar, que je considère toujours comme un grand film. Un film qui va connaître entre 2020 et 2025… quatre suites!


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