IL ÉTAIT UNE FOIS

Notre-Dame qui êtes en France

OPINION. Notre chroniqueuse Joëlle Kuntz s’interroge: l’émotion suscitée par l’incendie de Notre-Dame a-t-elle une frontière? Avant d’être un joyau de l’art gothique, le monument serait avant tout un symbole français

Une amie américaine m’envoie ses condoléances pour le malheur de la cathédrale de Paris. Elle ne les envoie pas à mon mari, qu’elle sait Suisse, mais à moi seulement, à la partie française de moi patriotiquement endeuillée, pense-t-elle, par les destructions de l’édifice. Son message m’embarrasse: en quoi mon appartenance nationale devrait-elle influencer mon chagrin, semblable au sien et à celui de millions de personnes de par le monde? Ma carte d’identité me charge-t-elle de l’histoire de France depuis la construction de Saint-Denis et de Notre-Dame de Paris? Les condoléances de mon amie américaine le laissent croire. Elle me communique sa tristesse comme si j’avais le pouvoir en tant que Française de la rapprocher du trésor perdu et de faciliter sa participation au deuil mondial.

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