Le PDC a changé de nom, mais cela ne suffit pas à enrayer la spirale de la défaite. Notamment dans les exécutifs cantonaux où, historiquement, les démocrates-chrétiens étaient très forts. Rien qu’en 2021, ils n’ont pas réussi à retrouver un second siège dans le Jura, ils en ont perdu un à Soleure et en Valais et c’est très mal parti à Fribourg. Leur passé victorieux est révolu.

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Désormais sous l’étiquette du Centre, les trois candidats au gouvernement fribourgeois sont en effet sortis, dimanche, grands battus du premier tour des élections. Cinquième, le ministre de l’Economie, Olivier Curty, ne s’en sort pas trop mal. Mais son collègue Jean-Pierre Siggen ne termine que 9e et pour l’heure il n’est pas élu. Sacrée déconvenue pour un homme qui avait terminé premier il y a cinq ans. A la tête du Département de l’instruction publique, de la culture et du sport, le voici sanctionné pour ses maladresses dans le domaine scolaire et pour son éloignement du terrain. C’est l’une des grandes erreurs de ce parti, longtemps si puissant: avoir pris ses distances avec les préoccupations de la population et ne pas avoir suffisamment compris que ce canton changeait. L’ex-PDC a en outre oublié de préparer la relève alors que l’on savait de longue date que l’homme fort du gouvernement sortant, Georges Godel, ne briguerait pas un autre mandat. Sa candidate Luana Menoud-Baldi n’avait aucune expérience politique.

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Elections fédérales périlleuses

L’exemple fribourgeois devrait interpeller la direction nationale du Centre, à moins de deux ans des élections fédérales. Sous l’impulsion de son président, Gerhard Pfister, le PDC a changé d’appellation sans trouver ni nouveau souffle ni nouvel élan. Les centristes ne sont plus à la pointe sur les thèmes forts de la politique suisse, comme la gestion du covid, l’avenir de l’AVS ou l’Europe. Ils connaissent aussi, comme à Fribourg, un manque de nouveaux leaders. Les propositions fortes manquent à l’appel.

L’autre leçon du scrutin fribourgeois est la confirmation d’une page qui se tourne: celle de l’archi-domination de l’ex-PDC dans les cantons catholiques. Aujourd’hui, c’est fini. La situation est d’autant plus périlleuse que, en vue des élections fédérales, l’UDC s’affirme comme le seul parti qui défend les campagnes. Le Centre se retrouve donc attaqué frontalement. S’il veut en finir avec les défaites électorales, ce courant politique n’a qu’une seule option viable: se réinventer.