Chronique

Nouveau Parlement européen: une Europe divisée

OPINION. Le visage du nouveau Parlement européen est passionnant car il donne une image continentale des forces politiques en présence, analyse notre chroniqueuse Marie-Hélène Miauton

La nouvelle configuration du Parlement européen fait la synthèse des tendances politiques qui se dessinent en Europe. Qu’elle entérine la chute des partis traditionnels, cela a été dit et redit, mais pourquoi? Si les socialistes perdent 40 sièges, passant désormais sous la barre des 20%, c’est la conséquence du départ de leurs électeurs dans l’essentiel des pays à l’exception notable de l’Espagne et du Portugal. Cette défaite se double de la quasi-disparition de l’extrême gauche qui perd 13 sièges et ne représente plus qu’environ 5% de l’assemblée. Cette chute de la gauche est hautement significative du discours social vieilli auquel elle s’accroche, comme si un siècle ne s’était pas écoulé depuis que le marxisme avait prouvé son échec, de l’ex-URSS au Venezuela d’aujourd’hui. Le disque est rayé parce que le langage n’a pas changé, trop bien appris, trop répété.

La droite majoritaire

La droite dite classique enregistre une chute symétrique. Elle concède 36 sièges tout en assurant cependant 24% du parlement. Là aussi le discours a vieilli parce que la mondialisation n’a pas convaincu les peuples qui souffrent de sa mise en place, les portes et les fenêtres ayant été ouvertes trop vite, aussi bien concernant les marchandises que les humains, et sans égard pour la casse que cela induisait. Dès lors, contrairement à la gauche, la droite s’est vue siphonnée par son aile extrême, essentiellement en raison d’une position différente sur l’immigration et sur la dimension sociale. Au total, et même si les deux ne se parlent guère (pour combien de temps encore?), les droites représentent encore la moitié des députés à Bruxelles.