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Le projet Praille-Acacias-Vernets (PAV), sur une maquette de la ville de Genève présentée au public en 2016.
© Martial Trezzini/Keystone

Immobilier

Nouveaux logements à Genève: sous le PAV, l’orage

La tension monte à l’approche du vote sur le nouveau quartier Praille-Acacias-Vernets. Grandes questions sur la classe moyenne au bout du lac, et petites perfidies entre amis autour d’un projet très politisé

Noms d’oiseau, insinuations et bataille de chiffres: la campagne autour du vote de dimanche sur le quartier genevois PAV (Praille-Acacias-Vernets) s’est révélée un réservoir inépuisable de polémiques, avec une accélération ces derniers jours, à l’approche du scrutin.

Le pharaonique projet, qui a pris plus de dix ans à aboutir devant les électeurs, prévoit en l’état deux logements pour chaque emploi créé, soit un potentiel de 12 400 logements (et donc 6200 emplois). Proportionnellement deux fois plus que dans le dernier projet, qui n’avait jamais trouvé son financement. Une révolution à venir, alors que la pénurie d’habitations et les embouteillages pénalisent le développement du canton depuis des années.

Mais au bout du lac, on s’écharpe sur la proportion de logements d’utilité publique et de propriétés par étages. Pour faire très vite, une grande partie de la droite, inquiète de se réveiller dans une banlieue française paupérisée, prône le «non», comme le secteur de l’immobilier, tandis que le projet est salué par la gauche et les associations de locataires. Mais le ralliement de certaines personnalités du camp bourgeois brouille la donne.

Lüscher vs Muller

«Mark, tu as des intérêts dans ce truc ou quoi?????» Une des batailles du PAV se joue sur Facebook, où ont ferraillé ces derniers jours Christian Lüscher, PLR et avocat, et Mark Muller, également PLR et avocat. L’ex-conseiller d’Etat qui a dû démissionner en 2012, père du projet pour le secteur en 2010, fait son grand retour comme coprésident du comité Pro PAV.

Le premier est contre le projet, tandis que le second a créé la surprise en faisant activement campagne en sa faveur. Réponse de Mark Muller: «Ça te dépasse qu’on puisse défendre ses convictions contre l’avis du parti, Christian?»

Le PLR appelle en effet à voter non. Christian Lüscher insiste, toujours amicalement bien sûr: «Mark, qu’en est-il? Bises.» Il reviendra trois fois à la charge pour obtenir finalement cette réponse: «Je fonde mon engagement uniquement sur la conviction que la nouvelle loi PAV va dans le bon sens, et non, je n’ai jamais été mandaté par le département» d’Antonio Hodgers, conseiller d’Etat chargé de l’Aménagement, du Logement et de l’Energie. «Eh ben voilà!!!! Il suffisait de le dire clairement. Que de circonvolutions pour une réponse simple à une question qui l’était tout autant! Bises», écrit perfidement Christian Lüscher…

Nouveaux héritages

62% de logements sociaux, comme dit le camp bourgeois, ou 20% d’habitations à bon marché, comme l’affirment les partisans du PAV? Les chiffres ont été triturés par toutes les parties pendant cette campagne. Un des combats concerne la PPE sur DDP – autrement dit, les 12% d’appartements à vendre avec droit de superficie à payer au canton, qui reste propriétaire de la parcelle. «Un «Canada Dry» de la PPE», écrit le PLR.

«A la fin du droit de superficie, l’immeuble revient à l’Etat et le pseudo-propriétaire n’a plus que ses yeux pour pleurer, victime d’un jeu de dupe», explique Edouard Cuendet, toujours sur Facebook. «Pour la classe moyenne, c’est une excellente opportunité pour l’accessibilité à la propriété», rétorque l’élue verte Uzma Khamis Vannini, ex-avocate de l’Asloca, qui rappelle que «ce droit de superficie peut se transmettre, s’hériter, se vendre au même titre… tout en étant propriétaire à prix abordable».

Quelle mixité sociale sied à Genève? Le vote de dimanche sera aussi soigneusement observé du côté français de la frontière, où vivent de 40 000 à 50 000 Genevois: «D’un côté, le PLR trouve toujours une mauvaise excuse pour ne pas construire de logement, ici et maintenant, (pas comme ça, pas autant, pas ici, ni là, pas tout de suite) mais de l’autre, c’est depuis quarante ans qu’il fait venir des emplois et les employés qui vont avec», s’emporte ainsi le maire de Saint-Julien-en-Genevois, Antoine Vielliard.


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© Gabioud Simon (gam)