Depuis l’investiture du président Donald Trump, les membres du Congrès ont été inondés par les appels et les courriers des électeurs, leur enjoignant de voter pour ou contre des projets de lois. Les sociétés technologiques ont alors mis à leur disposition de nouveaux outils, pour qu’ils puissent atteindre leurs élus plus facilement. Parmi eux, le service Town Hall de Facebook, qui permet aux utilisateurs de localiser le représentant de leur district et le contacter directement.

Comment exprimer une opinion dans un texto?

Quand à l’application Stance, elle contourne la problématique des lignes téléphoniques saturées. Après qu’elle a enregistré un message vocal, celui-ci est transmis pendant la nuit, lorsque les centrales sont moins occupées. Puis l’enregistrement est converti en format texte et se partage sur les réseaux sociaux. En trois semaines, Stance a ainsi délivré plus de 700 messages vocaux à 51 sénateurs et à 81 membres du Congrès. Par ailleurs, Resistbot permet d’exprimer une opinion dans un texto. Par exemple: «Il faut nommer un procureur pour enquêter sur l’ingérence des Russes dans le processus électoral américain.» Le logiciel conversationnel reformule alors cette demande en bonne et due forme dans un fax, avant de l’envoyer à qui de droit.

Depuis le mois de janvier dernier, le nombre de messages envoyés au Congrès a quadruplé, passant de 7000 à plus de 32 000 par mois. Contacter un élu est ancré dans le fonctionnement de la politique américaine et la pression que les électeurs exercent sur eux joue un rôle déterminant dans l’issue des votations.

Et à la Maison-Blanche?

Mais les citoyens écrivent aussi à la Maison-Blanche. Un article émouvant du «New York Times» du 17 janvier dernier intitulé «To Obama with Love, and Hate, and Desperation» décrit l’attention particulière que l’administration démocrate avait portée au courrier. Dans un bureau dédié à la correspondance présidentielle, 50 employés, 36 stagiaires et un roulement de 300 bénévoles ont lu, scanné, fait circuler et répondu aux 10 000 lettres et e-mails reçus chaque jour. Et tous les soirs, dix d’entre eux étaient remis à Barack Obama à sa demande, car il estimait «que lorsqu’un citoyen s’adresse à un représentant, il faut qu’il sache qu’il a été entendu».

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