Salaire minimum, une fausse bonne idée? Regards croisés sur une mesure adoptée par cinq cantons qui est menacée sous la coupole fédérale.

Quand il s’agit de tresser les louanges de l’économie suisse, pas un discours d’un élu bourgeois ne manquerait d’évoquer notre marché du travail libéral. Et pourtant: en 2022, le mythe d’un marché du travail peu réglementé correspond de moins en moins à la réalité. Désormais, près de 60% des employés suisses ont un contrat de travail soumis à un seuil salarial minimum. En quinze ans, le nombre de travailleurs rattachés d’office à une convention collective de travail (CCT) a plus que triplé. Par le biais de commissions tripartites, l’influence des milieux politiques dans la formation des salaires a fortement augmenté – ainsi que celle des syndicats, pourtant en perte d’adhérents. A cela s’ajoutent les mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes avec l’Union européenne et les nouvelles dispositions cantonales sur les salaires minimaux.