«Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante?» En quelques mots, tout semble être contenu dans la question posée lors du référendum du dimanche 4 octobre. Voici un territoire situé à plus de 15 000 kilomètres de l’Hexagone, annexé en 1853 dans le but d’en faire une colonie pénitentiaire impériale et française – Louis-Napoléon Bonaparte était devenu Napoléon III Empereur le 2 décembre 1852 – à l’autre bout du monde, sur le modèle de l’Australie voisine où le Royaume-Uni déversait ses criminels. Voici surtout un peuple, les Kanaks, chassé de ses terres, marginalisé et déplacé sous la houlette conjointe des amiraux conquérants, des missionnaires évangélisateurs puis des bagnards déportés. Le bilan, colonial dans tous les sens du terme, est accablant.

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