Aux Etats-Unis, la liste des start-up qui ont dû licencier ou, plus brutalement, cesser leurs opérations s'allonge. Alors que les entreprises actives dans Internet représentent un des secteurs les plus dynamiques en termes de création d'emplois, des déconvenues existent. Des entrepreneurs trop confiants dans leur capacité de développement doivent s'adapter dans la douleur, voire abandonner leur projet.

Au vu de l'avance qu'ont les Américains dans ce domaine, on peut projeter qu'en Europe, et en Suisse en particulier, des expériences similaires tourneront court à cause des mêmes erreurs de jeunesse. Inévitablement, il y aura ici, comme elle sévit déjà là-bas, une lame de fond qui emportera bon nombre de start-up nées sur le Vieux Continent.

Mais, des deux côtés de l'Atlantique, quelque chose a changé. Les opportunités offertes par le Net ont non seulement redonné le goût d'entreprendre mais elles ont aussi redynamisé toute l'économie.

Après les jeunes pousses qui ont joué le rôle d'éclaireur, les fleurons de l'Ancienne Economie sont venus s'essayer à la Toile. Les investissements que ces derniers ont consentis dans l'informatique et les télécommunications leur ont permis d'améliorer leurs processus d'organisation, de production et de vente. Les chiffres de la productivité américaine publiés en début de semaine le montrent. La première économie du monde n'a jamais produit aussi efficacement de son histoire. Les investissements consentis dans les nouvelles technologies ont même permis à la productivité américaine d'effectuer un véritable bond lors du dernier trimestre, d'une ampleur qui n'avait plus été constatée depuis… dix-sept ans.

La Nouvelle Economie n'est qu'un concept: il n'y a que des firmes qui savent s'adapter à la nouvelle donne et les autres. Si on décompte aujourd'hui les perdants, il ne faut pas croire que ces derniers hypothèquent les réussites à venir.

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