Vous l’avez vue aussi? Vous avez aussi vu la nuit tomber à 16h30, lundi? Une nuit pluvieuse et froide, pour ne pas dire sinistre et lugubre. Elle vous a aussi soufflé à l’oreille, la perfide, que novembre ne serait pas un nouvel octobre et qu’il fallait oublier les chaudes après-midi à se dorer? Le coup est rude, mais logique. L’heure d’hiver s’accompagne rarement d’apéros festifs et de soirées caliente. Sauf que la transition est si brutale qu’on en reste sonné, comme hébété. La pluie, oui, la nuit, non. Ou alors la nuit, sans la pluie. Quand les deux viennent en même temps, on prend un méchant coup dans les dents.

«Les défunts vont très, très bien»

Ce coup s’appelle Vaia, une tempête qui, de lundi à mardi, a stupéfié la Suisse avec ses rafales magistrales. Certaines ont atteint 213 km/h, près d’Andermatt, dans le canton d’Uri. Je vous laisse imaginer ce qu’un vélo peut devenir face à une telle charge…

Oui, oui, vous avez raison, je parle bien de météo, ma bonne dame. Je suis donc tombée dans le piège de saison. Mais je ne m’arrête pas là. Car si le ciel est hostile, mon humeur est lumineuse. Grâce à Denise Kikou Gilliand, médium romande qui s’exprime plus loin, en page Société, j’ai appris que la mort était un espace d’amour absolu dans lequel «les défunts vont très, très bien». La médium en veut pour preuve les âmes qu’elle contacte quotidiennement et qui sont animées par une énergie limpide. Le pourquoi de cet état digne du nirvana? Les âmes sont dépourvues d’émotions, ces bombes à débordement, et, dès lors, ne cherchent plus absolument à avoir raison.

À ce sujet: «Dans la mort, il n’y a ni colère, ni vengeance»

Un endroit cool

Je n’ai aucune peine à visualiser mes proches défunts. Je leur parle d’ailleurs régulièrement, surtout à mon père. Mais les imaginer sans leur personnalité, je ne suis pas prête à ça. Pour moi, ma grand-mère, reine des coquettes, relooke tout ce que le paradis compte de mal sapé, et mon père, éternel justicier, cherche des solutions à tous les bugs de la céleste maison.

Je les vois comme je vous vois. Et je crois que j’aime trop cette conception Disney du trépas pour la remplacer par une espèce d’espace rempli d’entités éclairées. Mais la bonne nouvelle demeure. La mort est un endroit cool, chouette, tranquille, chill. Un lieu recommandable et non un espace de souffrances atroces pour les âmes chargées. Pas mal, non, comme antidote à la nuit venteuse et pluvieuse qui tombe à l’heure du goûter?


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