La semaine dernière, Angela Merkel répondait à RTL Allemagne à propos de la gestion de la crise sanitaire: «Il m’arrive de me réveiller la nuit et de réfléchir à ce qu’il se passe. […] C’est une période difficile pour moi aussi car nous devons bien réfléchir, je retourne les choses dans tous les sens dans ma tête avant de prendre des décisions et cela me préoccupe, c’est vrai.» La chancelière n’a pas l’habitude de s’épancher sur ses sentiments. On devine que ces réveils nocturnes sont inhabituels pour une dirigeante qui domine la politique allemande et européenne depuis bientôt deux décennies. Face à un ennemi inconnu – le SARS-CoV-2 apparu à Wuhan demeure en grande partie un mystère – la parade est bien plus complexe que la résolution d’une crise comme celle de l’euro. Quand Merkel explique «retourner les choses dans tous les sens dans sa tête», elle fait preuve d’honnêteté. Ce qui fait la force de son action et sa popularité.