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Il n’y a pas un président des Etats-Unis qui tweete, mais deux

Donald Trump communique désormais grâce à deux profils: @realDonaldTrump et @POTUS. Lequel doit prendre le dessus? Le vrai, forcément

Donald Trump, le @realDonaldTrump, nous avait habitués à des tweets impulsifs, parfois très matinaux, pour se venger de politiciens, de journalistes ou de comédiens qui l’auraient égratigné. C’était aussi, jusqu’ici, presque le seul moyen pour les journalistes de savoir ce qu’il pensait, faisait, voulait faire: faire un tour sur son profil Twitter.

Le jour de son investiture, le 20 janvier, Donald Trump, a, la main encore posée sur ses deux Bibles, chassé Barack Obama de @POTUS (pour President of the United States). Ce dernier est devenu @POTUS44 (pour 44e président des Etats-Unis) et Donald Trump s’est approprié @POTUS, tout en restant @realDonaldTrump.

Cela devient plus compliqué quand @POTUS retweete @realDonaldTrump en sachant que @realDonaldTrump n’a encore jamais retweeté @POTUS. Le président des Etats-Unis parle parfois de lui à la troisième personne. Le voilà qui se retweete lui-même. Enfin pas tout à fait lui-même puisque son «je» est un autre.

Reprenons. Le président américain a maintenant deux comptes officiels sur lesquels il n’informe pas toujours de la même manière. Auquel se fier? Sur @POTUS, sa photo de profil le montre fronçant les sourcils devant un drapeau américain, et sur sa photo de bannière, il est dans le Bureau ovale, en train de signer ses premiers décrets sous l’œil attendri de ses proches collaborateurs. Le compte est suivi par 14 millions de personnes, avant tout celles qui suivaient le précédent président. Les tweets restent sobres. Il n’y en a pour l’instant qu’une vingtaine.

Un style un peu plus présidentiel

@RealDonaldTrump? C’est plus de 34 000 tweets depuis mars 2009 et 22 millions de «followers». Sur sa photo de profil, il fronce aussi les sourcils (mais sans drapeau américain). Et sur sa bannière, on le voyait, jusqu’à mercredi, aussi dans le Bureau ovale, mais en train de regarder dehors (tiens, tiens). Il vient de changer l’image, contre une photo de lui entouré de sa famille. Le style? Un peu plus présidentiel, par rapport à celui auquel il nous avait habitués. Mais le naturel revient vite au galop. Samedi, le succès des Women’s Marches lui est resté en travers de la gorge. Surtout en raison de la polémique sur la faible affluence lors de sa cérémonie d’investiture. Et quand le président est contrarié, le président tweete. Il a donc tweeté:

Pour dire quoi? «J’ai regardé les manifestations hier et j’ai eu l’impression que nous venions d’avoir une élection. Pourquoi ces personnes n’ont-elles pas voté? Les célébrités nuisent à la cause.» Drôle de préoccupation de la part d’un président des Etats-Unis. Quelqu’un a dû le lui dire. Car une heure plus tard, Donald Trump, le vrai, s’est fendu d’un tweet au ton inhabituellement conciliant: «Les manifestations pacifiques sont la marque de fabrique de notre démocratie. Même si je ne suis pas toujours d’accord, je reconnais les droits de gens d’exprimer leur point de vue.»

Dernière chose: @POTUS n’est pas tout à fait POTUS. Les tweets de ce profil-là sont rédigés par @DanScavino, directeur de la communication numérique de Donald Trump. Mais certains tweets de @POTUS sont bien du #POTUS, quand ils sont signés «-DJT», nous précise-t-on.

Barack Obama avait aussi deux comptes Twitter. Mais il les utilisait parcimonieusement, avec le même ton. Et surtout pas avec la même intention que Donald Trump. Car l’actuel président l’a dit au New York Times, il tweete avant tout pour «court-circuiter la presse malhonnête»: «Je pensais que je tweeterais moins, mais la presse parle de manière si malhonnête de moi, que je rends mes propos publics sur Twitter, de façon bing bing bing… et les journalistes embraient dès que je tweete.» Bing bing bing.

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