Pour compléter le trio de tête de l’Union européenne, les 27 chefs d’Etat et de gouvernement n’ont, bien sûr, pas choisi des personnalités de premier plan susceptibles de leur faire de l’ombre.

Le nouveau président du Conseil européen, le premier ministre belge Herman Van Rompuy, est inconnu dans de nombreuses capitales. La future cheffe de la diplomatie communautaire, la Britannique Catherine Ashton, est, elle, une nouvelle venue sur le terrain des grandes négociations. Tous deux, en somme, apparaissent en matière d’expérience internationale loin derrière le troisième homme: le président de la Commission, José Manuel Barroso.

Ce choix peut donc décevoir. Surtout s’il devait ajouter à la complexité des institutions communautaires, rénovées par le Traité de Lisbonne, un recours prononcé des intéressés aux conclaves secrets, quasi vaticanesques, dans les couloirs bruxellois. Plus de transparence et de visibilité sont indispensables pour que les citoyens européens puissent comprendre, mais aussi contester, le fonctionnement de la Communauté. Un supplément de notoriété à la tête de l’UE est aussi nécessaire pour que ses avancées soient davantage prises en compte par des tiers, pays voisins immédiats comme la Suisse ou «grands» partenaires et rivaux comme les Etats-Unis, la Chine ou la Russie.

L’excellente nouvelle pour l’Union, en revanche, vient des convictions affichées résolument par ce trio. L’engagement de Catherine Ashton pour emporter l’adhésion de la Chambre des lords, eurosceptique sur le Traité de Lisbonne, est à ce titre éloquent. Tout comme la volonté européenne rivée au corps du chrétien-démocrate Herman Van Rompuy. Car c’est là que réside après tout, maintenant que la longue bataille du Traité de Lisbonne est révolue, le secret pour avancer à 27, et peut-être demain à 29 ou 30: avoir un agenda et de la volonté, des idées claires et le désir de dialoguer. Y compris avec les plus réticents à rallier ce «rêve européen».

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