(in)culture

Offrez de la culture!

CHRONIQUE. L’heure des bilans annuels a sonné, l’occasion de se pencher de manière plus large sur la consommation culturelle

C’est une madeleine de fin d’année, aussi nécessaire que le vin chaud, les huîtres et une énième vision de La vie est belle, chef-d’œuvre enneigé et lacrymogène de Frank Capra. Les bilans culturels qui essaiment dans la presse et sur la Toile permettent de comparer ses coups de cœur aux goûts des autres, d’établir une liste de films à rattraper, de disques à écouter, de romans à placer sur la pile déjà brinquebalante de sa table de nuit. Les rétrospectives annuelles permettent également, en marge des classements, de se pencher sur la consommation culturelle. Laquelle, en Suisse, reste conséquente: selon une étude fédérale datant de 2013, la culture génère dans la paisible Helvétie un chiffre d’affaires annuel de près de 70 milliards de francs. Mais comme ailleurs, il y a des inégalités.

Les expositions attirent beaucoup de monde, certaines sont de véritables blockbusters. Mais si les grandes institutions (Gianadda, Beyeler, les Kunsthäuser alémaniques) attirent souvent les foules, d’autres espaces font parfois grise mine. Ainsi de la Fondation Pierre Arnaud, à Lens, près de Crans-Montana, qui a fermé, rouvert et refermé, avant de finalement se transformer en Fondation Opale. Il en va de même pour les théâtres, dont certains ne pourraient pas tourner sans subventions étatiques.

La culture a un prix

Si le secteur du livre se porte globalement bien, la concurrence des ventes en ligne représente pour nombre de libraires une vraie menace. A l’inverse, le business de la musique est en train de retrouver un semblant de nouveau souffle grâce au streaming. Après le tsunami du téléchargement illégal, les abonnements payants proposés par les plateformes légales fonctionnent de mieux en mieux. Même si les revenus des artistes restent ténus, l’idée semble acquise que la musique se paye. C’est un bon début.

Reste le cinéma, qui voit le fossé s’élargir entre des productions à plus de 100 millions et des petits films indépendants qui peuvent compter sur le circuit des festivals pour exister. Avec au milieu des longs-métrages de plus en plus en difficiles à financer, et des réalisateurs de renom qui se tournent vers Netflix. Au bout du compte, ce n’est pas le public qui trinque, mais les exploitants désireux de montrer autre chose que des super-héros s’écharpant devant des décors numériques. Alors à Noël, misez sur la curiosité et offrez de la culture: des livres achetés en librairie (et donc faciles à échanger…), des bons valables dans des cinémas et théâtres indépendants, de beaux vinyles puisque ce support impérissable redevient prisé même des plus jeunes. Joyeuses Fêtes!


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