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«Ok boomer», réponse cinglante d’une génération décomplexée

C’est l’expression favorite des moins de 30 ans qui veulent clouer le bec à leurs aînés. Signe d’une tension qui monte aussi bien en politique que dans le monde de l’entreprise

Cela sonnait comme un cri du cœur au moment de l’élection d’Olivier Français à la Chambre haute. «C’est bien de voir qu’un homme de plus de 60 ans peut encore être élu au Conseil des Etats», a lancé un magistrat. Signe qu’il y a comme un malaise dans la génération des baby-boomers. Après l’avènement du parti d’Emmanuel Macron en France et l’émergence de profils issus de la diversité aux élections américaines, une nouvelle classe de politiciens – plus jeune, plus féminine – casse tout ce qui constituait jusqu’ici les stéréotypes du pouvoir. C’est la fin de la politique de papa. Il faudra s’y habituer au moment où le mouvement se propage plus loin, dans les entreprises et toutes les strates de la société.

Après avoir beaucoup tenté de comprendre la génération des millennials, puis s’être rendu compte que les Z, qui arrivaient après, leur préparaient encore d’autres surprises pas toujours agréables, les baby-boomers font l’expérience d’un monde qui disparaît à toute vitesse. En cette année meurtrière, les plus de 45 ans ont assisté à la fermeture du dernier vidéoclub romand, au démontage de la dernière cabine téléphonique genevoise et à la fin des Coups de cœur d’Alain Morisod sur la RTS. Les moins de 30 ans n’ont aucune idée de tout cela, la disparition de ces trois objets culturels venus d’un autre temps leur est totalement étrangère.