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Dans sa logique mercantiliste et nationaliste d’«America First», l’administration de Donald Trump joue la tactique du pourrissement pour saper ce qui a permis, jusqu’ici, d’éviter des guerres commerciales dévastatrices: le mécanisme de règlement des…
© KEVIN LAMARQUE / Reuters

Editorial

OMC: l’autogoal américain

EDITORIAL. En paralysant le mécanisme de règlement des différends de l’OMC, le président Donald Trump dessert non seulement l’Amérique, mais aussi la subtile et fragile mécanique du commerce mondial

Ils ont été les principaux promoteurs de la libéralisation du commerce mondial à partir de 1945. Ils se sont longtemps évertués à résoudre pacifiquement les différends commerciaux. Pourtant, alors que l’OMC tient sa 11e Conférence ministérielle à Buenos Aires, les Etats-Unis menacent de porter le coup de grâce à une organisation créée voici vingt-deux ans à Genève.

Dans sa logique mercantiliste et nationaliste d’«America First», l’administration de Donald Trump joue la tactique du pourrissement pour saper ce qui a permis, jusqu’ici, d’éviter des guerres commerciales dévastatrices: le mécanisme de règlement des différends, fondamental dans le fonctionnement de l’OMC. Sous l’impulsion du chef négociateur américain Robert Lighthizer, Washington est en train de rendre inopérant son organe d’appel. Depuis ce lundi, cette cour n’a plus que quatre juges sur sept et leur nombre pourrait chuter à trois l’automne prochain en raison des blocages américains.

Lire aussi: La croisade de Donald Trump pour tuer l’OMC

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, met déjà en garde contre un retour au «Far West». L’attitude de la Maison-Blanche est d’autant plus surprenante que les Etats-Unis sont de loin les principaux bénéficiaires du mécanisme.

Donald Trump a beau se vanter d’être maître dans l’art de négocier, il marque, avec l’OMC, un vrai autogoal. Engluée dans un Cycle de Doha qui n’ira nulle part, l’OMC a sans doute besoin de se réinventer, de fixer de nouvelles priorités, comme le commerce électronique. Mais semer le chaos dans un monde aussi fragile et interdépendant, c’est une manière pour Donald Trump de prendre le monde entier en otage dans le seul but de séduire sa base électorale. L’attitude de Washington répond cependant aussi à un phénomène qui a déstabilisé plus que jamais la planète entière: l’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001.

Lire également: L’OMC, élément central de la Genève internationale

Renégociant l’Alena, un traité de libre-échange avec le Mexique et le Canada, au risque de l’enterrer, le président américain pourrait provoquer la perte de millions d’emplois dans son propre pays et marginaliser la première puissance économique. En retirant les Etats-Unis d’un Partenariat transpacifique durement négocié par l’administration Obama, il perd un levier crucial face à Pékin. A l’initiative du Japon, les onze pays de la zone Asie-Pacifique n’ont pas attendu. Ils sont allés de l’avant sans les Etats-Unis. C’est désormais l’Union européenne, que le président américain se plaît à dénigrer, qui fait office de prescripteur en la matière. Vendredi dernier, Bruxelles a conclu un accord commercial majeur avec le Japon (ensemble, 30% du PIB mondial), et pourrait en faire de même avec le Mercosur en Amérique latine. C’est toute l’ironie de l’Histoire.

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